Assises scientifiques pour le développement de lignes directrices à la coupe de récupération dans le contexte d'une épidémie de tordeuse des bourgeons de l'épinette


Les connaissances scientifiques concernant l'effet des coupes de récupération post-feu sont bien développées mais il y a une lacune sur des coupes de récupération post-épidémie d'insectes. Notre projet avait comme grand objectif de développer les assises pour les coupes de récupération après une épidémie de tordeuse des bourgeons de l'épinette. Spécifiquement, nous voulions évaluer l'effet des épidémies sur la régénération et donc les peuplements d'avenir ainsi que l'influence des épidémies sur la biodiversité spécifiquement de deux groupes taxonomiques - les insectes xylophages et les oiseaux (spécifiquement les pics et les parulines). Nous avons observé que même après 6 à 8 ans de défoliation qu'il n'y a que très peu d'attaques de coléoptères phloéophages et xylophages.  Ceci s'explique probablement car les arbres sont encore trop vigoureux et leurs défenses trop fortes pour permettre ces insectes d'attaquer avec du succès. En ce qui concerne l'avifaune nous observons une augmentation des parulines qui consomment les larves mais nous n'observons qu'un « faible » accroissement des insectivores d'écorce et de troncs associés à la mortalité des arbres affectés par la tordeuse, suggérant que la mortalité diffuse n'est pas suffisante pour générer une réponse numérique des espèces corticoles du même type que celle générée par les incendies forestiers.  En ce qui concerne la régénération, les grands individus sont plus défoliés que les petits, et les semis dans les sapinières sont plus défoliés que ceux dans les pessières, mais après six à huit ans de défoliation, le pourcentage de mortalité des semis est relativement faible.

Nos résultats montrent que malgré 6 à 8 ans de défoliation les arbres restent en vigueur et ne sont pas attaqués par les insectes qui mangent du bois.  Les forestiers ont donc beaucoup du temps à faire des plans de récupération pour assurer les peuplements d'avenir.  Ils devraient dont couper les peuplements du sapin pour protéger la régénération préétablie. Le maintien des peuplements d'épinette noire ainsi que la régénération pré-établie d'épinette est une stratégie clée pour assurer la résilience à longterme des forêts résineuses face aux épidémie de la tordeuse des bourgeons de l'épinette.

Chercheur responsable

Daniel David Kneeshaw, Université du Québec à Montréal

Équipe de recherche

  • Daniel David Kneeshaw, Université du Québec à Montréal
  • Mathieu Bouchard, Ministère des Ressources Naturelles et de la Faune
  • Louis De Grandpré, Service canadien des forêts - Centre de Foresterie des Laurentides
  • Pierre Drapeau, Université du Québec à Montréal
  • Christian Hébert, Service canadien des forêts - Centre de Foresterie des Laurentides
  • David Paré, Service canadien des forêts - Centre de Foresterie des Laurentides
  • Deepa Pureswaran, Service canadien des forêts - Centre de Foresterie des Laurentides
  • Jean-Claude Ruel, Université Laval

Durée

3 ans

Montant

215 000 $

Partenaire financier

  • Ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs

Appel de propositions

Aménagement et environnement forestiers-V