Etats de référence et variabilité naturelle des paysages forestiers de la pessière noire à mousses de l'Ouest


Le but de ce projet était de définir une méthode d'élaboration d'états de référence pour la forêt boréale québécoise en prenant comme territoire-pilote le sous-domaine de la pessière noire à mousses de l'Ouest. Ce territoire est retenu en raison de sa grande diversité écologique et du nombre important d'études qui y ont été réalisées. L'originalité du présent projet réside dans l'analyse du territoire-pilote sous l'angle de la variabilité naturelle entourant les végétations potentielles, c'est-à-dire de l'ensemble des états (ex. proportion des stades évolutifs) qui caractérisent ou qui ont caractérisé ces végétations dans l'espace et dans le temps.

La variabilité est définie selon deux échelles spatiales (local et régional) et deux échelles temporelles (contemporain et plurimillénaire) à l'intérieur de quatre régions écologiques fortement contrastées. À ces diverses échelles, des relations ont été établies entre la végétation, les feux, le milieu physique et le climat. Nous avons pu bonifié les états de référence actuellement en cours au MFFP en démontrant que le 48 % de vieilles forêts proposées à partir d'études contemporaines (200-300 dernières années) pouvaient s'appliquer à l'ensemble de l'Holocène (52 %). Ce résultat confère une profondeur temporelle sur plusieurs millénaires à des états que l'on jugeait fragiles en raison de la courte fenêtre utilisée afin de les définir (200-300 dernières années). Nous avons nuancé les proportions selon un découpage plus fin du territoire, mais les résultats obtenus doivent être bonifiés avant de pouvoir proposer des objectifs spécifiques. Nous avons décrit la variabilité plurimillénaire de la végétation en segmentant les diverses périodes de l'évolution de la végétation en provinces polliniques et en associant un modèle de dynamique forestière à chacun ou à un regroupement des zones ou grands écosystèmes composant le territoire. La variabilité plurimillénaire du climat a été abordée par les analogues climatiques  basés sur la représentation pollinique, sur les chironomides (un groupe d'insecte indicateur de la température de l'eau) et sur les thécamoebiens (des organismes indicateurs de la présence de l'eau dans la tourbe). La variabilité plurimillénaire des feux a été définie sur la base des sédiments lacustres, des tourbières et des charbons contenus dans les sols forestiers. Nos résultats sur l'origine des forêts paludifiées permettent d'identifier les cas où l'aménagement forestier est possible de ceux où il est préférable de ne pas intervenir.

Au final, nous considérons que les résultats obtenus sur la variabilité plurimillénaire de la végétation, des feux et du climat contribueront à bonifier les prises de décisions sur l'aménagement de nos forêts. La méthode utilisée pourrait être étendue à d'autres sous-domaines bioclimatiques. Enfin le projet aura permis la formation de plusieurs étudiants aux cycles avancés et cela, en contexte de partenariat avec les milieux de pratique.

Chercheur responsable

Yves Bergeron, Université du Québec à Montréal

Équipe de recherche

  • Yves Bergeron, Université du Québec à Montréal
  • Martin Lavoie, Université Laval
  • Martin SImard, Université Laval
  • Olivier Blarquez, Université de Montréal

Durée

2013-2014

Montant

215 000 $

Partenaire financier

  • Ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs

Appel de propositions

Aménagement et environnement forestiers-V