Évaluation de l'effet de différents scénarios de récupération des brûlis sur la biodiversité faunique



Le projet visait à évaluer les impacts des coupes de récupérations sur la diversité avienne et entomologique. 1. Une analyse utilisant des modèles nuls quant à l'assemblage des espèces d'oiseaux démontre que la cooccurrence des espèces au sein des brûlis est aléatoire et non-structurée. Néanmoins, les traits des espèces ont démontré des associations remarquables avec les conditions post-feux ainsi qu'aux coupes de récupération. Par exemple, nous montrons que les nicheurs en cavités, ainsi que les insectivores associés au feuillage ou au tronc des arbres, nécessitent de hauts niveaux de rétention. Il s'avère que la prise en compte de l'ensemble des liens entre les traits des espèces et les caractéristiques de l'habitat permet de minimiser les effets négatifs des coupes de récupération sur la biodiversité. 2. Les différences au niveau de la composition des coléoptères saproxyliques ont été évaluées grâce à la capture de 11 680 coléoptères de 115 espèces.

Les variables jouant un rôle important sur la composition des assemblages et sur la variation de la composition des guildes sont : la sévérité du feu, les débris ligneux au sol et la surface terrière résiduelle en tiges d'épinettes noires et de pins gris non-commerciales. La présence de tiges non-commerciales a un effet négatif généralisé sur l'abondance et la richesse. En réduisant les quantités de bois marchand, augmentant ainsi la proportion de bois non-marchand résiduelle dans l'habitat, les coupes de récupération ont un impact sur la diversité et l'abondance des coléoptères saproxyliques. 3. Pour caractériser la colonisation des arbres par les xylophages, nous avons mis en élevage 360 sections troncales brûlées en 2005 et sélectionnées selon l'essence (deux espèces), le diamètre des arbres (4 classes) et la sévérité du feu (3 classes).

Nos résultats montrent une densité deux fois plus élevée du longicorne noir, l'espèce la plus problématique pour l'industrie forestière, sur l'EPN que sur le PIG. De plus, il existe des relations linéaires significatives entre la densité des longicornes du genre Monochamus et la richesse spécifique des autres coléoptères. Ainsi, en dirigeant les activités de récupération vers les peuplements les moins affectés par les Monochamus, on maximiserait les profits de l'industrie tout en conservant la biodiversité. 4. Nous avons identifié quinze espèces comme étant indicatrices des habitats brûlés, et 10 pour les habitats non-brûlés. Aucune n'est exclusive à l'un ou l'autre des milieux. Cependant, dix-huit autres espèces ont été exclusivement capturées en milieux brûlés et une en milieux non-brûlés. Les assemblages d'espèces de coléoptères diffèrent en peuplement d'épinette noire et de pin gris non-brulé alors que le passage du feu semble uniformiser les assemblages d'espèces.

Chercheur responsable

Jacques Ibarzabal, Université du Québec à Chicoutimi

Équipe de recherche

  • Jacques Bélanger (Secteur industriel, Québec)
  • Jean-Pierre Boudreault (Secteur industriel, Québec)
  • Damien Côté (Ministère des Ressources naturelles du Québec)
  • Christian Hébert (Service canadien des forêts, Québec)
  • Louis Imbeau (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)
  • Jean-Pierre L. Savard (Service canadien de la faune, Québec)
  • Réjean Thibault (Secteur industriel, Québec)

Durée

2006-2010

Montant

195 000 $

Partenaire financier

  • Fonds de la recherche forestière du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Appel de propositions

Aménagement et environnement forestiers