La fertilisation du camerisier


Les résultats issus de la première partie de ce projet de recherche démontrent que les conditions idéales favorisant la croissance végétative des jeunes camerisiers sont un sol aux pH faiblement acides (pHeau entre 5.9 et 6.5) et une fertilisation sans azote avec ou sans phosphore et potassium. Dans une seconde expérience réalisée au cours des trois dernières années (2016, 2017 et 2018) sur un verger bien implanté, les résultats indiquent de meilleurs rendements en fruits (35% d'augmentation) avec de faibles apports en azote et en phosphore, soit une fertilisation de 27.5 kg d'azote et 30 kg de phosphore par hectare. Nos résultats ont également permis de mesurer une augmentation progressive de la sévérité de la maladie du blanc durant la saison de croissance de 2017 et que le l'ajout de 110 kg d'azote par hectare augmente significativement l'incidence de la maladie par rapport aux autres taux d'application plus faibles. Finalement, les résultats issus de cette deuxième expérience montrent également des rendements similaires entre les fertilisants minéraux et organiques. Les producteurs sous régie biologique pourront par conséquent utiliser les mêmes taux d'application que ceux sous régie conventionnelle.

Les résultats de ce projet de recherche peuvent maintenant servir aux agronomes et aux producteurs de la région afin de mieux connaître les bénéfices financiers d'utiliser les bons taux d'application en engrais. En effet, nos résultats démontrent clairement que de faibles ajouts d'engrais azotés et phosphatés peuvent être économiquement très rentables pour les producteurs de camerise de la région (bénéfices de +2 524 $ ha-1). Cette étude a établi les premières bases scientifiques sur la fertilisation du camerisier, une culture en progression constante et importante au Québec. Plus important encore, les producteurs agricoles de la région sont maintenant en mesure d'élaborer des systèmes de fertilisation et de gestion des sols mieux adaptés à la production de camerise; les choix du pH du sol et des taux d'applications de N et de P ont maintenant des bases scientifiques sur lesquelles s'appuyer. Les deux principaux objectifs de ce projet de recherche ont donc été pleinement atteints. Ce projet est un moyen rapide et efficace d'augmenter les volumes de production et d'améliorer les pratiques agronomiques afin de favoriser dès maintenant la productivité du secteur. Ce projet de recherche a également permis la formation d'une professionnelle hautement qualifiée en région. L'étudiante ainsi formée est d'ailleurs déjà à l'emploi du Collège d'Alma afin de participer à la formation des jeunes entrepreneurs/agriculteurs dans le domaine. Du financement a été obtenu afin de poursuivre les travaux de recherche jusqu'en 2020, où les gestions de la fertilisation et des plantes intercalaires seront étudiées dans les détails.

Chercheur responsable

Maxime Paré

Équipe de recherche

  • Maxime Paré, Université du Québec à Chicoutimi
  • Annie Deslauriers, Université du Québec à Chicoutimi
  • Jean Lafond, Agriculture et Agroalimentaire Canada
  • Julie Lajeunesse, Agriculture et Agroalimentaire Canada

Durée

3 ans

Montant

33 600 $

Partenaire financier

  • Fonds de recherche agroalimentaire axé sur l'agriculture nordique du Saguenay-Lac-St-Jean (FRAN-02)

Appel de propositions

Agriculture nordique