Mise en valeur des traits fonctionnels du bleuet nain pour améliorer sa rusticité et son rendement au Saguenay–Lac-St-Jean



La production de bleuets est une industrie importante pour l'économie de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean (SLSJ). Un projet de recherche à trois volets a été mené afin d'adresser trois problématiques liées à la gestion des bleuetières au SLSJ dans le but d'augmenter les rendements.

Un premier volet avait comme objectif de comprendre les facteurs écologiques qui favoriseraient la recolonisation des zones dénudées de bleuets. Par le passé, les producteurs ont typiquement répandu des boutures de rhizomes de bleuets avec une couverture de copeaux de bois dans ces zones dénudées. Ces essais ont connu un succès mitigé. Par contre, des études précédentes avaient démontré que la production de rhizomes, de bourgeons végétatifs et de tiges de plantes semblables au bleuet pourrait être supérieure dans des humus ligneux en comparaison à d'autres types de substrats, ainsi qu'à une luminosité de 50-70% de lumière incidente. À partir de ces deux considérations, nous avons produit 192 microcosmes comportant des rhizomes de bleuet enterré dans quatre substrats différents. Ces microcosmes furent ensuite placés soit en plein soleil ou sous des ombrières permettant 40% et 70% de la lumière incidente. Même après deux années de croissance, le taux de germination des bourgeons végétatifs s'est avéré faible. Nous avons donc mis en place un dispositif semblable, mais à plus grande échelle dans une bleuetière commerciale de Normandin.  On estime que les résultats seront connus d'ici 3-5 ans.

Un deuxième volet avait comme objectif de développer une fertilisation du bleuet adaptée à l'abondance relative de mauvaises herbes. Les producteurs de bleuets vont typiquement fertiliser leurs bleuetières avec des engrais chimiques, dont les nutriments sont sous formes minérales. Cette pratique ne tient pas compte de l'abondance des mauvaises herbes. Des études précédentes avaient démontré que certaines mauvaises herbes profitent bien de cette fertilisation minérale. Par contre, d'autres études avaient démontré que des plantes de la même famille que le bleuet nain avaient une capacité d'absorber les nutriments provenant de la matière organique. Nous avons donc testé l'absorption de nutriments par le bleuet et par les mauvaises herbes avec une fertilisation minérale ou une fertilisation organique. Ces essais ont été menés en faisant à quatre densités de mauvaises herbes.  Les données préliminaires démontrent que le bleuet profitait mieux d'une fertilisation minérale qu'organique. Cependant, les mauvaises herbes profitaient beaucoup mieux que le bleuet de la fertilisation minérale, mais elles profitaient beaucoup moins que le bleuet de la fertilisation organique. Les résultats démontrent que les producteurs devraient utiliser une fertilisation minérale quand il y a peu de mauvaises herbes et une fertilisation organique quand il y a beaucoup de mauvaises herbes.

Un troisième volet avait comme objectif de vérifier si les haies brise-vent en bleuetières atteignent leur objectif d'accumuler la neige et de l'étaler uniformément afin de protéger les plants de bleuets contre le froid hivernal. Pendant deux hivers consécutifs, nous avons mesuré la profondeur de la neige à diverses distances de 39 haies brise-vent, en notant la position de chaque point de mesure. L'été suivant, nous avons mesuré les dommages des plants dus au gel ainsi que les rendements en bleuets.  Nos résultats confirment une corrélation positive entre la profondeur de la neige au mois de février et les dommages aux plants ainsi que les rendements en bleuets en été. Nos résultats démontrent également que les haies brise-vent augmentent la profondeur moyenne de neige en bleuetière.  Par contre, la distribution de la neige est très inégale de sorte qu'un tiers de la superficie des bleuetières n'accumule pas la profondeur critique de 30 cm. Nos résultats démontrent le besoin d'améliorer l'architecture des haies brise-vent pour favoriser l'accumulation de neige en hiver au SLSJ.

Chercheur responsable

Robert L. Bradley, Université de Sherbrooke

Équipe de recherche

  • Robert L. Bradley, Université de Sherbrooke
  • Jean Lafond, Centre de recherche et de développement sur les sols et les grandes cultures
  • Maxime Paré, Université du Québec à Chicoutimi

Durée

3 ans

Montant

85 000 $

Partenaire financier

  • Fonds de recherche agroalimentaire axée sur l'agriculture au Saguenay–Lac-St-Jean

Appel de propositions

Agriculture nordique