Modalités de dispersion des coupes et de rétention d'habitats pour maintenir la diversité biologique en forêt boréale aménagée



Au Québec, il est maintenant connu que l'écart entre la forêt boréale sous régime de perturbations naturelles et la forêt aménagée selon un régime de courtes révolutions favorise les habitats ouverts de début de succession au dépend des forêts matures. À la raréfaction importante des peuplements murs et surannés qui résulte de ce régime d'aménagement forestier s'ajoute une dispersion des coupes qui, au cours des vingt dernières années, a produit d'immenses superficies contiguës de parterres de régénération. Il en résulte un plus grand isolement des habitats forestiers résiduels dans les aires de coupes agglomérées que ce qui a généralement cours dans les territoires incendiés. Pour la diversité biologique, les effets négatifs de l'arrangement spatial des habitats résiduels dans les paysages aménagés viennent s'ajouter aux effets de perte nette d'habitat.

Le présent projet de recherche visait à développer des modalités d'organisation spatiale de la rétention d'habitats basées sur les réponses multi-scalaires d'une série d'indicateurs fauniques aux effets de l'aménagement forestier (forêts vertes et brûlées) en forêt boréale commerciale. Dans ce projet, nous avons abordé la question de l'organisation de la rétention des habitats résiduels (intra et inter-chantiers) en utilisant des groupes d'espèces à trois échelles spatiales, soit à l'échelle inter-chantiers (> 1000 km2), l'échelle des chantiers de récolte (100 – 1000 km2) et à l'intérieur des chantiers de récolte (10 – 100 km2).

Nous avons retenu le caribou forestier (inter-chantiers, Objectif  1), la martre d'Amérique (chantiers, Objectif  2) et les oiseaux associés aux forêts mûres et surannées (intra-chantiers, Objectif  3) ainsi qu'aux forêts récemment brûlées (intra-chantiers, Objectif  4).

Les résultats indiquent que les espèces répondent de façon variable aux changements du couvert forestier mature à diverses échelles spatiales et que ces connaissances peuvent être incorporées à des modalités de rétention à l'intérieur des chantiers coupes et entre les chantiers. Par exemple, le critère de 3 mètres de hauteur des parterres de régénération qui est présentement utilisé dans le règlement des normes d'intervention en forêt publique (RNI) pour autoriser la coupe des habitats résiduels dans les agglomérations de coupes (récolte partielle dans les bandes riveraines et récolte totale dans les séparateurs secs) apparaît insuffisant pour penser maintenir à long terme des populations d'oiseaux forestiers dans ces territoires.

Chercheur responsable

Pierre Drapeau, Université du Québec à Montréal

Équipe de recherche

  • Réhaume Courtois (Ministère des Ressources naturelles du Québec)
  • Louis Imbeau (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)
  • Alain Leduc (Université du Québec à Montréal)

Durée

2006-2009

Montant

195 000 $

Partenaire financier

  • Fonds Forestier du ministère des Ressources naturelles et de la Faune

Appel de propositions

Aménagement et environnement forestiers