Rôle des habitats résiduels dans le maintien de la diversité biologique en forêt boréale aménagée



En forêt boréale, l'essor remarquable de l'aménagement forestier ces dernières décennies a considérablement transformé le couvert forestier. Il est maintenant connu que l'écart entre la forêt boréale sous régime de perturbations naturelles et la forêt aménagée selon un régime de courtes révolutions favorise les habitats ouverts de début de succession au profit des forêts matures et âgées. Ainsi, à la diminution importante des peuplements âgés qui résulte de ce régime d'aménagement forestier s'ajoute une nouvelle organisation spatiale de la forêt âgée en îlots ou en corridors linéaires qui pose pour l'avenir le défi d'une configuration d'habitats résiduels adéquate pour le maintien de la diversité biologique associée aux forêts âgées dans des territoires qui seront de plus en plus aménagés en forêt boréale.

La présente étude vise à comprendre le rôle accru que seront amenées à jouer la qualité et la configuration des habitats résiduels dans le maintien de la diversité biologique dans ce contexte de diminution de la proportion de forêts âgées. Plus précisément, cette étude s'articule sur la mesure des effets respectifs de la qualité des habitats résiduels (forme, taille et composition et structure de la forêt) et de leur configuration (connectivité et isolement) au sein des aires de récoltes sur l'abondance et l'activité reproductrice de deux groupes animaux associées à ces habitats et qui sont reconnues sensibles à leur diminution, soit les oiseaux des forêts âgées et les insectes associés au bois mort (un attribut clé des forêts âgées). Pour les oiseaux, des travaux d'inventaires d'oiseaux nicheurs ont été réalisé dans plus de 195 habitats résiduels dispersés à des distances variables de massifs forestiers matures non-coupés. Pour les insectes associés au bois mort des expériences  ont été menés dans des habitats résiduels pour mesurer la colonisation 4 mois, 12 mois et 18 mois après la mort des arbres pour évaluer la capacité des insectes à utiliser ce bois mort.

Nos résultats montrent que la qualité des habitats résiduels et leur configuration spatiale affectent les populations de ces deux groupes animaux dans les aires de récolte et que la rétention permanente de ces habitats pourrait contribuer au maintien à long terme de la diversité biologique associée aux forêts boréales âgées.

Chercheur responsable

Pierre Drapeau, Université du Québec à Montréal

Équipe de recherche

  • Claude Bélanger (Produits forestiers Arbec Inc.)
  • Yan Boucher (Ministère des Ressources naturelles et de la Faune)
  • Louis Imbeau (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)
  • Alain Leduc (Université du Québec à Montréal)
  • Junior Tremblay (Ministère des Ressources naturelles et de la Faune)

Durée

2010-2013

Montant

215 000 $

Partenaires du projet

  • Fonds de la recherche forestière du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Appel de propositions

Forêt boréale au Saguenay-Lac-St-Jean