Sécurité routière et grilles d'évaluation d'éclairage


Chaque année au Canada, des centaines d'accidents de la route survenant la nuit causent décès et blessures. L'éclairage routier représente la principale mesure de prévention contre les collisions nocturnes. En Amérique du Nord, cet éclairage se conforme à deux normes sectorielles : l'une concerne les conditions d'éclairage et l'autre, le niveau d'éclairement minimal recommandé. En vertu du système reposant sur les conditions d'éclairage, des tronçons de route se voient attribuer des cotes en fonction de leurs caractéristiques géométriques, opérationnelles et fonctionnelles ainsi que de l'historique des accidents qui s'y sont produits, et ce, selon un ratio jour-nuit. Les organismes de transport nord-américains ont manifesté de l'intérêt à l'égard de la simplification du système de conditions d'éclairage, de la suppression de certains éléments et de la modification des valeurs d'éclairement. Toutefois, il n'existe pas de méthode à cette fin. Il s'avère donc nécessaire de concevoir une approche permettant d'étayer les décisions en matière d'éclairage routier, notamment quant à son efficacité à titre de mesure de prévention.

La présente recherche propose une méthode inédite pour étalonner les conditions d'éclairage et préciser des niveaux d'éclairement efficaces visant la réduction de la fréquence et de la gravité des accidents de la route se produisant la nuit. Exploitant un mécanisme fondé sur des données probantes, cette nouvelle méthode reliera les conditions d'éclairage à une analyse statistique des collisions, et ce, afin de redresser les cotes attribuées auxdites conditions. Par ailleurs, dans le but de définir les niveaux de luminance recommandés ainsi que les variations en matière d'éclairement et d'uniformité, elle associera une estimation des niveaux d'éclairement à une analyse statistique fondée sur des données historiques probantes relatives aux accidents survenus. Cette méthode assouplira les normes sectorielles en fournissant aux cadres deux approches novatrices, non exclusives et étayées par des critères relatifs à la fréquence et à la gravité des accidents.

Une vaste étude de cas portant sur les autoroutes québécoises a servi à étalonner les conditions d'éclairage et à préciser les niveaux recommandés en matière de luminance (au moins 1,5 cd [candela] par mètre carré), d'uniformité de l'éclairement (ratio maximal de 1,5) et d'uniformité de la luminance (multiplication par huit), et ce, afin de mettre un frein à la fréquence et à la gravité des accidents.

De même, afin de réduire le nombre d'accidents graves, une étude de cas effectuée dans la région d'Arthabaska, au Québec, formule les recommandations suivantes : augmentation des niveaux de luminance pour toutes les classifications fonctionnelles des routes; réduction des valeurs d'uniformité; et augmentation des niveaux d'éclairement.

En définitive, la méthode inédite élaborée dans le cadre du présent projet conférera aux autorités municipales ainsi qu'aux organismes de transport provinciaux ou nationaux non seulement la capacité d'assurer un éclairage adéquat là où cela s'avère nécessaire et justifié, mais aussi l'avantage de choisir des niveaux d'éclairage optimaux dont découlera une diminution réelle de la fréquence et de la gravité des accidents de la route survenant la nuit et portant la garantie de routes plus sécuritaires pour la société dans son ensemble.

Chercheur responsable

Luis Amador, Université Concordia

Équipe de recherche

  • Luis Amador-Jimenez, Université Concordia
  • Jean-François Bruneau, Université de Sherbrooke
  • Luis Miranda-Moreno, Université McGill
  • Nicolas Saunier, École Polytechnique de Montréal

Durée

3 ans

Montant

115 500 $

Partenaire financier

  • Fonds de recherche du Québec - Santé
  • Ministère des Transports du Québec

Appel de propositions

Sécurité routière