Contribution relative des facteurs d'habitats et de la mixité des essences forestières sur la dynamique de

 

Benoit Lafleur

Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT)

 

Domaine : ressources naturelles

Programme : établissement de nouveaux chercheurs universitaires

Concours 2018-2019

À l'échelle mondiale, les forêts couvrent approximativement 4 G ha dont une importante part est constituée de peuplements mixtes, i.e. de peuplements constitués d'au moins deux espèces. Ces peuplements sont considérés plus productifs que les peuplements dominés par une seule espèce. Une plus grande fertilité des sols  et une plus grande complémentarité (i.e. séparation des niches et facilitation) entre espèces compagnes expliqueraient cette plus grande productivité. Par ailleurs, il a été suggéré que les peuplements mixtes sont plus résilients que les peuplements purs face aux changements climatiques  et aux perturbations naturelles. Leur maintien constituerait donc un facteur de protection des paysages forestiers contre les fluctuations environnementales. Au Canada, la forêt mixte est définie comme étant celle dominée par des peuplements constitués d'un mélange d'essences feuillues et résineuses. Elle couvre près de 16% du territoire et en ce sens et constitue une composante écologique et économique importante du territoire forestier. En dépit des contraintes opérationnelles et des défis associés à l'aménagement de la forêt mixte, les éléments énumérés ci-haut militent fortement pour le maintien de peuplements et de paysages forestiers constitués de mélanges d'essences feuillues et résineuses et le développement d'approches sylvicoles favorisant la mixité des peuplements forestiers. Afin de développer de telles approches, une connaissance fine des conditions d'habitats favorables à l'établissement et à la croissance des semis est nécessaire pour orienter la composition en essences et la croissance des futurs peuplements. De plus, il est nécessaire de déterminer l'importance relative de la complémentarité entre essences afin de favoriser les mélanges désirés. Toutefois, nos connaissances de ces conditions d'habitats et de la complémentarité entre les essences sont encore fragmentaires et nécessitent donc d'être abordées de manière approfondie afin de permettre le développement de pratiques sylvicoles adaptées. Ce projet de recherche a pour objectif 1) d'élucider la contribution relative de divers facteurs d'habitats et de micro-sites dans l'établissement et la croissance de la régénération naturelle suite à la récolte et 2) de déterminer si le phénomène de complémentarité (i.e. séparation des niches et facilitation) s'exprime à l'échelle des peuplements en régénération. Ultimement, ces connaissances devraient contribuer au développement d'approches sylvicoles associant à la fois l'aménagement durable, le maintien de la biodiversité et des fonctions (p. ex. cycle des nutriments, habitat faunique et séquestration du carbone), et ainsi accroître la résilience des peuplements en régénération en forêt mixte.