Diversité fonctionnelle des champignons mycorhiziens à travers les échelles spatiale et taxonomique

 

Pierre-Luc Chagnon

Université de Montréal

 

Domaine : organismes vivants

Programme : établissement de nouveaux chercheurs universitaires

Concours 2018-2019

Les champignons ectomycorhiziens (CEM) sont des champignons du sol qui s'associent avec une vaste gamme d'arbres et d'arbustes forestiers à travers le monde. Ces champignons fournissent à leur plante hôte une variété de bénéfices (e.g., meilleure nutrition, tolérance accrue aux stress environnementaux) en échange de sucres issus de la photosynthèse. Les CEM forment un groupe très diversifié de champignons, qui performent différentes fonctions dans le sol. Ils performent ces fonctions en produisant des enzymes qui contribuent à briser les molécules organiques complexes en molécules plus simples, assimilables par les plantes ou par eux-mêmes. Toutefois, différents CEM produisent différentes enzymes. Ainsi, les modifications dans les communautés de CEM induites par les changements climatiques, par les perturbations (e.g., feux) ou par nos pratiques forestières, vont inévitablement conduire à une altération de l'impact de CEM sur le fonctionnement des sols forestiers. Or, nous somme largements incapables de prédire de tels changements pour le moment. 
 
Le projet de recherche proposé ici vise à combler ce manque de connaissance en évaluant comment la production d'enzymes par les CEM varie selon l'échelle taxonomique (e.g., individus d'une même espèce, espèces d'une même famille, différentes familles, etc.) et l'échelle spatiale (e.g., différentes couches d'un même sol, différents peuplements). De telles connaissances vont permettre de mieux prédire dans quel contexte le fonctionnement des sols forestiers est plus sujet à changer. Ceci permettra une meilleure compréhension du rôle des CEM dans la réponse de nos forêts aux changements climatiques, aux perturbations ou à pratiques forestières. À terme, ce projet pourrait aussi favoriser l'adoption de meilleures pratiques forestières, afin de (1) minimiser l'impact négatif de la récolte forestière sur les CEM, et (2) favoriser l'effet bénéfique des CEM sur la croissance et la survie des semis en pépinière visant à reboiser les forêts après la récolte.