Nouveau traitement acaricide oral chez les micromammifères pour réduire le risque de maladie de Lyme - Développement d'une intervention environnementale de santé publique

 

Jean-Philippe Rocheleau

Cégep de Saint-Hyacinthe

 

Domaine : organismes vivants

Programme de recherche pour les chercheurs de collège

Concours 2018-2019

La maladie de Lyme, potentiellement responsable, chez l'humain, de symptômes articulaires, cardiaques ou neurologiques chroniques et sévères, représente une menace significative et émergente pour la santé publique au Canada. Le nombre de cas rapportés au Canada a augmenté de façon marquée et constante au cours des dernières années, passant de 143 en 2010 à 987 en 2016. Cette augmentation d'incidence serait en partie associée au réchauffement climatique et devrait se maintenir dans les années à venir. 
La commercialisation récente d'une nouvelle classe de médicaments acaricides à usage vétérinaire offrant une protection à long terme contre les tiques suite à l'administration d'une dose unique par voie orale ouvre une nouvelle voie d'intervention potentiellement efficace contre la maladie de Lyme. L'administration d'isoxazolines aux souris sauvages permettrait de cibler la bactérie à sa source de façon à briser son cycle de transmission et réduire la pression d'infection dans l'environnement. La rémanence du médicament offrirait, pour la première fois, un effet durable avec un nombre limité d'interventions sur le terrain.
Cette étude vise à évaluer l'efficacité, l'innocuité et les coûts d'un protocole d'intervention environnementale contre la maladie de Lyme en deux traitements annuels administrés à intervalle de deux mois chez les souris en milieu naturel.
Cette étude est divisée en deux volets. Le premier volet vise à déterminer l'efficacité, l'innocuité et la durée d'action de la molécule chez la souris en laboratoire. L'étude de la cinétique du médicament couplée à l'étude de son efficacité (sa capacité à tuer les tiques accrochées sur les souris) permettra de documenter l'effet du médicament chez la souris dans des conditions contrôlées. Le second volet vise à déterminer si le médicament, administré deux fois par été sous forme d'appât aux souris sauvages dans les zones où la maladie de Lyme est endémique, permet de réduire le nombre de tiques et la proportion de tiques infectées par la bactérie dans l'environnement.
Si elle s'avère efficace et réaliste, cette intervention pourrait, à terme, diminuer le fardeau sanitaire associé à la maladie de Lyme au Québec et ailleurs dans le monde.