Réduire les risques de douleur chronique et l'utilisation persistante non-intentionnelle des opioïdes après chirurgie: lorsque la technologie s'allie à la psychologie

 

Recherche intersectorielle - Programme Audace

Concours 2020-2021

 

Composition de l'équipe :

Gabrielle Pagé,  (Centre hospitalier de l'Université de Montréal),  Responsable

Jinghui Cheng,  (École Polytechnique de Montréal),  Co-directeur

Caroline Arbour,  (Université de Montréal),  Co-chercheuse

Pierre Beaulieu,  (Université de Montréal),  Co-chercheur

Michaël Chass,  (Centre hospitalier de l'Université de Montréal),  Co-chercheur

José Côté,  (Université de Montréal),  Co-chercheuse

Antoniol Giuliano,  (École Polytechnique de Montréal),  Co-chercheur

Foutse Khomh,  (École Polytechnique de Montréal),  Co-chercheur

Sylvain Bédard,  (Patient partenaire),  Co-chercheur

 

Domaine : Neurosciences, santé mentale et toxicomanies

Secteurs de la recherche : Sciences de la santé; Sciences naturelles et génie

 

Scénario motivationnel :

Tout comme 80 % des 2,4 millions de Canadiens qui subissent une chirurgie chaque année, Jane se fait prescrire des opioïdes après une arthroplastie totale du genou. Vingt-quatre heures plus tard, elle est seule à la maison n'ayant accès qu'à des analgésiques pour gérer sa douleur. Jane, comme bien d'autres patients (5-50 %), est à risque d'utiliser les opioïdes de façon prolongée, et ainsi s'exposer à de possibles conséquences néfastes (p. ex. la dépendance aux opioïdes). Les services de santé actuels ne répondent pas aux besoins de patients comme Jane.

Vision à long terme :

Ultimement, ce projet vise à repousser les frontières de la technologie afin de donner accès à des outils psychologiques de haute qualité qui sont adaptés aux facteurs de risque de chacun afin de minimiser la gestion sous-optimale de la douleur et dépendance excessive aux analgésiques. Une telle technologie permettra la création d'un système mobile apprenant qui suit l'évolution du patient en temps réel selon ses fluctuations émotionnelles, états psychologiques et niveaux d'activité et fournit aux patients des outils adaptés dans un environnement basé sur le jeu.

Objectifs :

(1) Co-créer avec patients et cliniciens, les différentes composantes motivationnelles du système qui s'appuieront sur des techniques telles que l'optimisation par le jeu.

(2) Colliger des données peropératoires afin de concevoir les caractéristiques de personnalisation en fonction d'un algorithme heuristique.

(3) Évaluer les prototypes du système grâce à des études séquentielles auprès des utilisateurs. L'évaluation approfondie (incluant des études d'efficacité) est envisagée, mais va au-delà de la portée du projet. L'efficacité d'un tel outil dépend d'une conception engageante, d'algorithmes fiables et de données de haute qualité.

Méthodologie :

(1) Trente patients ayant subi une chirurgie et 12 cliniciens participeront à des groupes de discussion pour explorer la conception du système et identifier les besoins prioritaires des utilisateurs.

(2) Le système détectera, en temps réel, les émotions de l'utilisateur (p. ex. peur, colère) et son état mental (p. ex. anxiété, dépression) à l'aide de données multimodales recueillies à partir de leur téléphone intelligent (p. ex. voix enregistrée, accéléromètre, données d'utilisation) et ainsi supporter le développement des outils personnalisés selon les algorithmes de détection des facteurs de risque et techniques d'optimisation par le jeu. Des adultes (N≈300) qui subissent une chirurgie majeure élective et qui présentent des facteurs de risque connus pour l'utilisation persistante des opioïdes seront recrutés sur une période de 12 mois. Les données seront colligées avant la chirurgie et jusqu'à six mois après l'intervention.

(3) Des prototypes seront mis au point selon une approche itérative centrée sur l'utilisateur. La rétroaction des utilisateurs sera fréquemment sollicitée pour améliorer la conception du système. Une étude pilote sera menée à la fin du projet pour comparer l'assistance virtuelle fournie par le prototype avec les interventions traditionnelles. 

Importance :

Cette étude transformera la façon dont nous utilisons les connaissances psychosociales et aidera à démocratiser les interventions psychologiques. Ce projet propose le développement d'une intervention coût-efficace, attrayante et novatrice qui répondra à un grand besoin auprès des populations chirurgicales.

Appel de propositions