À la découverte des canyons sous-marins



Chaque année, des tempêtes grugent les rives de la Côte-Nord, emportant le sable vers le large.

La moitié des côtes de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent sont ainsi sensibles à l'érosion par les vagues et le vent. Mais où vont ces morceaux de plage arrachés aux berges? C'est la question que s'est posée Alexandre Normandeau, étudiant au doctorat en géographie à l'Université Laval et boursier FRQNT.

Les canyons sous-marins sont une voie de transport privilégié pour les sédiments côtiers érodés.

En sondant les fonds marins à la recherche d'une réponse, quelle ne fut pas sa surprise d'y observer la présence de canyons parfois profonds dans lesquels s'entasse… le sable lavé par la houle. Selon l'étudiant-chercheur, ces canyons sous-marins sont une voie de transport privilégié pour les sédiments côtiers érodés. Plus encore, ils les piègent et les empêchent de retourner alimenter les plages. Mais comment évoluent ces canyons? Participent-ils actuellement au processus d'érosion du littoral ?

Pour le savoir, Alexandre Normandeau sillonne le Saint-Laurent à l'aide d'un échosondeur multifaisceaux, un genre de sonar de pêche qui permet de déduire la profondeur des fonds marins. Il recueille également des carottes de sédiments pour connaitre la nature du sous-sol et utilise la sismique pour en caractériser les différentes couches, à l'aide d'ondes de basses fréquences envoyées jusqu'au socle rocheux. L'étudiant-chercheur applique ensuite quelques traitements numériques à tous ces résultats pour obtenir une carte 3D surprenante des fonds marins révélant les canyons et leur contenu. Un puissant outil pour espérer mieux contrôler les risques associés au transport sédimentaire, comme les glissements de terrain près des ports.