Adaptation et vulnérabilité des chauve-souris aux pratiques forestières québécoises


Selon le Bilan forestier d'aménagement durable 2000-2008, les connaissances sur la biodiversité en milieu forestier sont insuffisantes, particulièrement chez les espèces à statuts précaires, comme les chauves-souris du Québec. Le manque de connaissances sur les chauves-souris des forêts québécoises est préoccupant, parce que nous ne disposons ainsi d'aucun outil de gestion. Parmi les menaces qui pèsent sur les chauves-souris, on note le syndrome du museau blanc, une maladie fongique, et le déclin possible des populations d'insectes aériens, ce qui a des répercussions sur les espèces qui les consomment. L'impact des pratiques forestières sur les chauves-souris devrait nous préoccuper, car les forêts abritent probablement l'essentiel des populations des chauves-souris du Québec, qui passent la moitié de leur vie et se reproduisent dans des arbres-abris, en plus de s'alimenter au-dessus ou à proximité des peuplements forestiers.

Nous avons établi une compréhension de base de l'influence des pratiques forestières québécoises sur l'alimentation, le repos et la reproduction des chauves-souris. Nous avons évalué la sélection d'habitats d'alimentation et de reproduction par ces organismes, à des échelles spatiales allant de l'arbre au paysage. L'occurrence et les déplacements des chauves-souris ont été étudiés par l'entremise de transects de détection acoustique et de radio-télémétrie. Nous avons aussi mesuré l'abondance des insectes en vol à proximité des différents types de peuplements (succession et interventions sylvicoles) et la disponibilité et le degré d'utilisation des chicots, à la Forêt Montmorency et dans la Forêt d'enseignement et de recherche du Lac Duparquet en Abitibi. Avec le déclin précipité des chauves-souris, il est improbable que les chicots soient désormais limitants, mais néanmoins les chicots de qualité optimale devraient être protégés. Ce projet pose les premiers jalons d'une connaissance détaillée des habitats des chauves-souris des forêts du Québec. La combinaison des résultats provenant de deux localités avec des paysages contrastés nous a permis d'évaluer directement la portée géographique des résultats, chose rare dans les études de sélection d'habitats. Ce projet a stimulé l'élaboration d'un programme de recherche sur les chauves-souris forestières du Québec et la formation d'une relève spécialisée dans ce domaine. Nous espérons que les connaissances accumulées d'ici la fin des analyses et de la rédaction aideront le gouvernement du Québec à concevoir des mesures de rétablissement ou de protection afin de protéger les sites de repos et de maternité des chauves-souris forestières.

Chercheur responsable

André Desrochers, Université Laval

Équipe de recherche

  • Louis Imbeau, U. du Québec en Abitibi-Témiscamingue
  • Jacques Jutras, Ministère des Ressources Naturelles et de la Faune (MRNF)
  • Marie Anouk Simard, Ministère des Ressources Naturelles et de la Faune (MRNF)

Durée

3 ans

Montant

192 824 $

Partenaire financier

  • Ministère des Ressources naturelles et de la Faune

Appel de propositions

Aménagement et environnement forestiers – IV