Impacts historiques des interventions forestières en forêt mélangée (Mauricie) sur la possibilité forestière et la dynamique des peuplements et des paysages: des outils pour préciser les simulations


Le calcul de possibilité forestière (CPF) fixe le volume de bois que l'on peut récolter au cours des cinq prochaines années tout en visant la durabilité de la ressource forestière sur un horizon de 150 ans. Sur un tel horizon, la forêt peut notablement changer, notamment sa composition, ce qui est une importante source d'incertitude dans le CPF. La Haute-Mauricie est un territoire marqué par d'importants feux depuis 1870, d'importantes épidémies de tordeuse des bourgeons de l'épinette et une exploitation forestière plutôt intensive entre 1930 et 1960. Ce territoire est aussi particulièrement riche en documents d'archives. L'utilisation de données historiques antérieures permet ainsi de faire un bond "temporel" dans l'acquisition de connaissances sur la dynamique forestière, de mieux connaître le territoire tel qu'il apparaissait avec les coupes de 1930 et de mieux documenter la dynamique de succession après coupe. Abitibi-Consolidated et Smurfit-Stone sont issues d'anciennes compagnies ayant œuvré en Mauricie depuis très longtemps et ont conservé des archives qui ont servi de base à cette étude.

Le paysage forestier préindustriel de la Haute-Maurice était naturellement très variable et dominé par des peuplements forestiers mélangés composés avant tout de bouleau blanc, d'épinette noire et de pin gris, soit des essences de début de succession. La coupe des 60 dernières années a eu pour effet d'augmenter sensiblement la proportion de peuplements mélangés mais à dominance de feuillus, au détriment des mélanges à dominance des résineux. La coupe forestière a également eu un effet aggravant en diminuant plus rapidement la proportion de pinèdes grises dans le paysage, qui dépendent avant tout des feux pour se régénérer. Cette forte variabilité naturelle est telle que le niveau de détail utilisé actuellement dans les hypothèses de succession dépasse la capacité de prédiction des courbes de rendement utilisées dans le CPF. Simplifier ces hypothèse (une ou quelques courbes par type écologique, dans le cas présent diminuer de 100 à 200 fois le nombre de courbe utilisées dans le CPF) n'a qu'un impact réduit sur le CPF.

Chercheur responsable

Frédéric Raulier, Université Laval

Équipe de recherche

  • Louis Archambault, Ressources Naturelles Canada (NRCAN)
  • Louis Bélanger, Université Laval
  • Jean Girard, Min. Ressources naturelles Québec
  • Guy Lessard, Centre d'enseignement et de recherche en foresterie (CERFO)
  • Jean Nantel, Aucune affiliation universitaire ou postsecondaire
  • Patricia Raymond, Min. Ressources naturelles Québec
  • Xiaowen Zhou, U. Concordia

Durée

3 ans

Montant

195 000 $

Partenaire financier

  • Ministère des Ressources naturelles et de la Faune

Appel de propositions

Aménagement et environnement forestiers