Réduire les impacts de l'épidémie de la tordeuse des bourgeons de l'épinette en développement sur le rendement forestier dans la pessière par une meilleure compréhension des facteurs associés à la vulnérabilité des peuplements


Le domaine de la pessière noire à mousses, relativement épargné lors des dernières épidémies, est actuellement autant affecté que celui de la sapinière. Spécifiquement, la Côte Nord et le Saguenay Lac-St-Jean compte pour près de 3.2 millions Ha d'aires actuellement défoliées (DEPF 2013), dont une forte proportion est dans le domaine de la pessière. Ces deux régions fournissent plus de la moitié de la possibilité forestière québécoise. Les impacts sans précédents de l'épidémie actuelle de la TBE dans ces régions pourraient réduire la possibilité forestière et modifier sensiblement le paysage forestier naturel et les habitats qui le caractérisent.

Cette étude a été conçue pour déterminer les facteurs qui influencent l'impact des épidémies de TBE sur la défoliation et la mortalité des arbres dans la pessière noire. Le but ultime étant d'apporter les connaissances nécessaires pour développer des outils d'aménagement permettant d'atténuer les impacts de la TBE dans la pessière noire une zone forestière historiquement peu affectée par la TBE. Spécifiquement, nos objectifs ont été de : 1) quantifier l'impact (mortalité et réduction de croissance) de la dernière épidémie et de l'épidémie en cours de TBE sur l'épinette noire, 2) Évaluer la susceptibilité et la vulnérabilité de l'épinette noire et du sapin baumier à la TBE, à l'échelle de l'arbre, selon différents facteurs environnementaux; 3) Proposer des outils d'aménagement susceptibles d'atténuer les impacts de la TBE.

Les épidémies passées ont contribué à la mort des épinettes noires surtout celles déjà stressés (avec une faible croissance) ou sénescentes. Les peuplements ayant une forte proportion de sapin sont plus à risque de voir les épinettes mourir; effet de vulnérabilité associationnelle. Dans les micro-climats les plus chauds, la phénologie des hôtes surtout de l'épinette noire a été plus hâtive que dans les sites plus froids, ce qui crée un meilleur synchronisme entre l'ouverture des bourgeons et l'émergence des larves de la TBE. De plus, un meilleur synchronisme cause une alimentation plus importante des larves, mais seulement sur les épinettes. La conséquence de l'ensemble de ces résultats est que nous pouvons nous attendre à des épidémies plus longues et plus sévères dans les peuplements mélangés de sapin et d'épinette noire et donc que l'aménagement forestier devrait minimiser le développement de ces peuplements mixtes.

Chercheur responsable

Daniel David Kneeshaw, Université du Québec à Montréal

Équipe de recherche

  • Martin Barrette, Ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF)
  • Louis De Grandpré, Service canadien des forêts - Centre de Foresterie des Laurentides (CFL)
  • Hubert Morin, U. du Québec à Chicoutimi
  • Deepa Pureswaran, Service canadien des forêts - Centre de Foresterie des Laurentides (CFL)

Durée

3 ans

Montant

215 455 $

Partenaire financier

  • Ministère des Ressources naturelles et de la Faune

Appel de propositions

Aménagement et environnement forestiers – IV