Stratégie pour améliorer les propriétés bénéfiques pour la santé du poisson d'élevage : inclusion dans la diète une nouvelle huile végétale


L'expansion de l'industrie aquacole a entraîné une pression croissante sur l'utilisation des poissons sauvages récoltés comme source de protéine et d'huile afin d'être utilisés comme ingrédients dans les aliments aquacoles. Dans les prochaines années, avec une croissance continue de l'aquaculture, les estimations suggèrent que 97% de l'offre mondiale d'huile de poisson sera utilisé dans les aliments aquacoles. Il est également prévu que les besoins futurs en huile de poisson de l'industrie aquacole seront largement supérieurs à l'offre actuelle dans la prochaine décennie. Par conséquent, l'industrie de l'aquaculture est confrontée à un défi majeur pour trouver des sources d'huile pour remplacer les huiles de poisson.

Il est possible de remplacer les huiles de poisson avec des huiles provenant de sources alternatives. Les huiles de remplacement pour poissons proviennent d'une variété de plantes terrestres, dont les huiles de tournesol, de canola (colza), de soja, d'olive, de palme et de lin. Dans la majorité des études, l'inclusion d'huiles végétales pour remplacer une partie ou la totalité d'huile de poisson dans les aliments aquacoles n'affecte pas le taux de croissance ou de conversion alimentaire des poissons. De plus, les huiles végétales ont des niveaux de contaminants (organochlorés, dioxines, pesticides) moins élevés que celles de l'huile de poisson ou autre source animale. Cependant, les poissons nourris avec des aliments riches en huile végétale ont des profils en acides gras différents de ceux nourris avec les huiles de poisson, surtout pour les teneurs en acides gras associés aux bénéfices pour la santé humaine. Les huiles provenant des sources végétales ne contiennent pas d'acides gras polyinsaturés oméga-3 à longue chaîne ayant des propriétés bénéfiques pour la santé cardiaque chez l'humain de même qu'un impact positif sur le système immunitaire et le développement neural chez les enfants. Ainsi, nourrir les poissons avec des rations présentant des proportions élevées en huile végétale réduit les niveaux d'acides gras polyinsaturés oméga-3 à longue chaîne dans la chair de poisson et diminue de façon importante les avantages pour la santé cardio-vasculaire typiquement associées à la consommation de poisson. L'objective de notre projet était de caractériser l'impact de la consommation d'ombles chevalier nourris de moulées à base d'huile de poisson, d'huile de lin et d'un mélange d'huile de poisson et d'huile de lin sur des indicateurs de santé cardiaque et sur le bilan lipidique sanguin chez le hamster.

Les résultats montrent que l'huile utilisée (huile de poisson ou l'huile de lin ou un mélange des deux) dans les moulées offertes aux ombles chevalier n'affecte pas les performances zootechniques les indicateurs sanguins de santé cardiaque chez le hamster. Il est cependant intéressant de noter que l'huile de lin incorporée dans la moulée peut modifier le profil en acides gras dans le tissu adipeux par rapport à l'huile de poisson, en diminuant les acides gras saturés et insaturés n3 d'origine marine et en augmentant les acides gras polyinsaturés linoléique et α-linolénique. Des études futures sur la teneur de marqueurs inflammatoires au niveau adipeux pourraient nous fournir des pistes sur la modulation du risque cardio-vasculaire par ces acides gras.

Chercheur responsable

Grant Vandenberg, Université Laval

Équipe de recherche

  • Yvan Chouinard, Université Laval
  • Hélène Jacques, Université Laval

Année du concours

2012

Durée

3 ans

Montant

225 000 $

Partenaires financiers

  • Fondation des maladies du coeur Québec et Visez santé
  • Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation
  • Ministère de la Santé et des Services sociaux
  • Fonds de recherche du Québec – Santé

Appel de propositions

Préservation et amélioration de la valeur nutritive des aliments