Acidification du Saint-Laurent : biogéochimie, plancton et climat

 

Maurice Levasseur

Université Laval

 

Domaine : environnement

Programme projet de recherche en équipe

Concours 2012-2013

Depuis le début de l'ère industrielle, les océans ont approximativement absorbé le quart des émissions atmosphériques anthropiques de dioxyde de carbone (CO2). Les océans ont ainsi contribué à atténuer le réchauffement climatique, un des principaux problèmes environnementaux du siècle. Cependant, le CO2 dissous dans l'eau produit l'acide carbonique. Ce diacide aurait abaissé le pH des eaux de surface d'environ 0,1, correspondant à une augmentation de la concentration en acide (H+) de 30%. Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), le pH des océans devrait diminuer de 0,3 à 0,4 d'ici la fin du siècle, se traduisant par une augmentation de la concentration en acide (H+) de plus de 150 fois par rapport à la période préindustrielle.

Comme la plupart des réactions métaboliques sont sensibles au pH, l'ensemble des organismes marins sera affecté. Mais on sait a priori que les organismes dont l'existence repose sur la précipitation du carbonate de calcium, processus pH-dépendant, seront les plus touchés. L'estuaire maritime du Saint-Laurent (EMSL) est particulièrement sensible à l'acidification dû à l'effet combinée de l'hypoxie de ses eaux profondes et des apports d'eau douce en surface. L'objectif de ce projet est de quantifier l'impact de l'acidification de l'EMSL sur les communautés planctoniques et les cycles biogéochimiques. Les travaux s'effectueront lors de missions océanographiques ciblées sur la région de la tête du chenal Laurentien et seront accompagnés d'expériences en mésocosmes où les communautés naturelles seront soumises à une diminution de pH telle que prédite par le GIEC.