Écophysiologie et génétique mitochondriale chez les moules d'eau douce

 

Sophie Breton

Université de Montréal

 

Domaine : organismes vivants

Programme établissement de nouveaux chercheurs universitaires

Concours 2014-2015

Les changements globaux auxquels nous sommes confrontés sont sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Comment la vie s'adaptera-t-elle? Pour répondre à cela, ma recherche se concentre sur les mitochondries et leurs génomes (ADNmt), qui ont récemment été identifiés comme un facteur clé dans l'adaptation des organismes aux changements climatiques, et un modèle de choix pour l'étude de la spéciation.

Parce que c'est un domaine de recherche encore peu exploré et très prometteur, mieux comprendre le rôle des mitochondries dans la capacité d'adaptation des animaux à leur milieu est l'un des nouveaux défis en biologie évolutive. Mon projet porte sur l'exception à la règle de l'hérédité strictement maternelle de l'ADNmt chez les animaux, c'est-à-dire le système de la double transmission uniparentale de l'ADNmt chez les bivalves.

Afin de mieux comprendre la fonction et l'évolution de ce système atypique et de déterminer son rôle dans la spéciation, j'utilise une approche intégrative qui évalue la valeur adaptative de l'ADNmt en comparant (i) la performance mitochondriale (activité et thermosensibilité des enzymes et stress oxydatif), et (ii) la qualité des gamètes (motilité et longévité des spermatozoïdes) de populations d'espèces pures et hybridées de moules d'eau douce possédant des ADNmt et des régimes thermiques différents. Sachant que 70 % des espèces de moules d'eau douce sont menacées ou vulnérables en Amérique du Nord, ces travaux permettront de fournir des connaissances essentielles en matière de gestion et de conservation de leur biodiversité, et aussi éventuellement de prédire l'impact des changements climatiques sur leurs populations.