Optimisation reproductive: le rôle du guidage des tubes polliniques dans la prévention des croisements interspécifiques et la spéciation chez les plantes

 

Danielle Philippe Matton

Université de Montréal

 

Domaine : organismes vivants

Programme projet de recherche en équipe

Concours 2011-2012

Chez les plantes cultivées la reproduction sexuée est à la base de la production agricole et, contrairement à la reproduction asexuée, elle permet le brassage génétique nécessaire au maintien de la vigueur de l'espèce. D'apparence simple, la reproduction sexuée implique une série précise d'interactions cellulaires tout au long du trajet qu'emprunte le tube pollinique vers l'ovule. Chacune de ces étapes présente autant de postes de contrôle régulant tant les interactions intra- qu'inter-spécifiques. La notion de reproduction sexuée est donc étroitement liée à celle d'espèce puisque cette dernière définit l'ensemble des organismes susceptibles de se reproduire entre eux et d'avoir des descendants interféconds. Cependant, chez des espèces suffisamment proches pour que le pollen soit accepté et produise un tube pollinique qui traverse le style sans être intercepté, comment arrêter ces tubes dans leur course vers les ovules? Comment éviter l'hybridation? Une étape clé est le guidage directionnel des tubes polliniques vers l'ovule, un processus similaire à celui du guidage axonal chez les animaux. Sans cette attraction, peu ou pas de pollen arrivera à féconder les ovules.

L'objectif général de ce projet de recherche sera d'isoler les protéines chimio-attractantes chez une espèce modèle, Solanum chacoense; d'utiliser cette information pour isoler des protéines homologues chez d'autres solanacées, permettant une analyse structure/fonction; et de déterminer le rôle de ces protéines de guidage dans la prévention des croisements interspécifiques et, à l'inverse, d'utiliser ces protéines de guidage pour élargir l'éventail des croisements possibles.