Mot de la directrice scientifique



1er mai 2018

Le printemps, décidément bien tardif, a néanmoins apporté son lot de bonnes nouvelles à la communauté scientifique. Après de longues années de latence, un réinvestissement important a été annoncé par le gouvernement fédéral. De même, le budget provincial déposé en mars 2018 a confirmé l'augmentation de 160 millions de dollars de l'enveloppe budgétaire des Fonds de recherche du Québec (FRQ) pour les quatre prochaines années. Je crois qu'il faut souligner le fait que ces budgets favorables à la science ont été en grande partie appuyés par deux femmes ministres de la science qui sont elles-mêmes engagées personnellement sur le plan scientifique. Nous leur exprimons ici  notre reconnaissance.

Malgré ce contexte propice à la science, le dernier rapport produit par le Conseil des académies canadiennes, intitulé « Rivaliser dans une économie mondiale axée sur l'innovation – L'état de la R-D au Canada », indique que, bien que le Canada et le Québec continuent d'être des acteurs importants sur le plan de la production scientifique mondiale, leur statut international est menacé, compte tenu des baisses d'investissement subies au cours des dernières années. Qui plus est, ce rapport conclut : « La recherche canadienne est comparativement moins spécialisée et moins estimée dans des champs essentiels des sciences naturelles et du génie ». Le FRQNT ne peut demeurer indifférent face à de tels propos.

Au Québec comme au Canada, nous avons pu noter, au cours des dernières années, une baisse du nombre d'inscriptions aux études supérieures en sciences naturelles et en génie (SNG). Au FRQNT, nous avons tenté de pallier cette situation de diverses manières. Nous avons instauré des stages de recherche dans ces domaines au collégial et, à la suite de représentations de notre conseil d'administration, nous avons bonifié les bourses de premier cycle décernées par le CRSNG afin de les rendre plus attrayantes et d'inciter les membres de la relève à poursuivre leurs études supérieures. Nous avons bonifié nos bourses d'études supérieures et assoupli nos conditions d'admission afin de les rendre accessibles à des étudiantes et à des étudiants étrangers déjà inscrits dans nos institutions québécoises. Nous avons également élaboré des mesures pour attirer et retenir un plus grand nombre de femmes en SNG. Or, bien que leur taux de succès soit identique à celui des hommes, elles ne déposent que 23 % des demandes de subvention. Le CA du FRQNT a entériné un ensemble de nouvelles initiatives pour augmenter la présence des femmes en SNG, notamment la création éventuelle de bourses de chercheuses boursières dans les secteurs où les femmes sont sous-représentées dans nos établissements d'enseignement supérieur. Ce programme devrait être lancé plus tard au cours de l'année.

Dans le même contexte et à la suite des recommandations du Gender Summit tenu à Montréal en novembre dernier, les FRQ ont nommé une professionnelle, Fanny Eugène, Ph.D., responsable de la mise en œuvre des principes d'équité, de diversité et d'inclusion (EDI). Ces principes seront appliqués et évalués au sein de notre personnel et de nos comités, mais également dans nos programmes, le premier à faire l'objet de cette initiative étant celui des Regroupements stratégiques. Ainsi, lors des visites des regroupements qui sont en compétition cette année, ceux-ci devront démontrer comment ces principes d'EDI sont appliqués dans la composition de leur comité de direction, sur le plan de la représentation étudiante et dans les plans de développement des institutions partenaires.

Enfin, à la suite des demandes de nos partenaires gouvernementaux, nous levons partiellement le moratoire sur le programme Appui aux réseaux d'innovation. Ce programme, qui permet un transfert important des connaissances dans les milieux utilisateurs, a certes porté ses fruits. À titre d'exemple, la dernière équipe financée par ce programme, Notre Golfe, a produit l'excellent ouvrage Les hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent : enjeux sociaux, économiques et environnementaux, dans lequel la contribution du FRQNT a été mentionnée.

Je vous rappelle à quel point il est important et nécessaire de citer le financement offert par le FRQNT dans toutes vos publications. C'est la visibilité de toutes nos réalisations qui permettra d'assurer le maintien, voire l'augmentation de nos budgets et d'actualiser notre vision qui consiste à produire « une recherche diversifiée et inclusive comme moteur du progrès socioéconomique ».

En terminant, je vous invite toutes et tous à vous joindre à nous lors de notre Journée de la recherche qui se tiendra cette année le 16 mai à Québec et dont le thème est La recherche en numérique – Collaborer pour innover.

Maryse Lassonde