Mot de la directrice scientifique



18 décembre 2017

Depuis le dernier mot que je vous ai adressé, à l'été 2017, le FRQNT a réalisé plusieurs activités. En particulier, nous avons consacré beaucoup d'énergie à la rédaction de notre planification stratégique 2018-2022. Après une vaste consultation auprès des membres de notre communauté, du personnel du FRQNT ainsi que de divers autres organismes, le plan prend forme autour de la définition renouvelée de notre vision : « Une recherche diversifiée et inclusive comme moteur du progrès socioéconomique ». Cette vision s'insère dans celle, plus générale, des Fonds de recherche du Québec (FRQ) : « Le Québec, lieu d'excellence de la recherche, reconnu à travers le monde ».

Depuis mon arrivée au FRQNT il y a bientôt six ans, je constate, année après année, que le nombre de subventions admissibles déposées par des femmes ne s'est pas amélioré en dépit des ajustements que nous avons effectués dans nos programmes : allongement du congé parental, admissibilité des frais de garde lors de la participation à des congrès internationaux ou à des études de terrain, entre autres initiatives. Ce taux, depuis tout ce temps et malgré un taux de succès comparable entre les hommes et les femmes, demeure inférieur à 19 %. C'est dire que les femmes continuent d'être sous-représentées au sein de nos établissements postsecondaires dans les domaines des sciences naturelles, des mathématiques et du génie. Le rapport McKinsey 2017 indique pourtant que l'avancement de l'égalité des femmes au Canada a le potentiel d'augmenter le PIB de 6 %, soit 150 milliards de dollars, d'ici 2026. La vision du FRQNT prend tout son sens à travers ces chiffres.

J'ai donc lancé une série de mesures visant à redresser cette situation. D'abord, les FRQ et le ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation se sont associés à l'UNESCO pour la mise en œuvre au Québec du projet SAGA. Ce dernier vise à dresser un portrait global de la situation des femmes et des filles en science, technologie, ingénierie et mathématiques, à travers les politiques, stratégies, mesures ou initiatives de soutien à l'égalité des genres qui existent au Québec. J'invite celles et ceux qui souhaitent obtenir plus d'information à contacter l'équipe coordonnatrice du projet SAGA.

Ensuite, en novembre dernier, sous l'égide des FRQ ainsi que du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), et en collaboration avec Portia Ltd, j'ai co-organisé le congrès international Gender Summit, qui s'est tenu à Montréal. Nous avons eu alors l'occasion de prendre connaissance des meilleures pratiques en matière d'équité et d'inclusion adoptées à travers le monde et d'évoquer l'adhésion au programme Athena Swan, établi au Royaume-Uni depuis 2005 et maintenant en vigueur dans plusieurs autres pays, dont l'Irlande et l'Australie. J'ai également été invitée par l'American Association for the Advancement of Science (AAAS) à participer à l'élaboration d'un programme encore plus inclusif, SEA-Change, visant l'insertion des femmes et des groupes sous-représentés en science, et dont la promotion est assurée au Canada par le CRSNG et Universités Canada (voir l'article publié dans Nature en septembre 2017, UK gender equality scheme spreads around the world).

Enfin, je rappellerais qu'à mon arrivée en janvier 2012, le FRQNT n'avait encore jamais signé d'entente internationale. Nous bénéficions maintenant d'accords à travers le monde (Chine, Cuba, France, Wallonie, Flandre, Bavière, Cuba, Mexique, Scandinavie et autres) et sommes également fiers d'être associés à deux Era-Nets, soit CHIST-Era et BiodivERsA. Parmi les collaborations internationales, je me dois de mentionner la récente initiative conjointe du FRQNT, de l'Institut nordique du Québec et de l'agence scandinave NordForsk : pour la première fois depuis que l'assemblée Arctic Circle se réunit en Islande, les participants ont assisté à une séance où « s'affrontaient » des étudiantes et des étudiants du Québec et de la Scandinavie, lesquels devaient présenter leur projet nordique en moins de cinq minutes. Félicitations à Gwyneth MacMillan, du Département de sciences biologiques de l'Université de Montréal, qui a remporté la mention Coup de cœur du public.

Je termine ce mot en vous souhaitant de très joyeuses fêtes, remplies de bonheur et d'amitié. Que ces vacances vous aident à vous ressourcer et à bien vous préparer pour le retour en janvier. Bonne année 2018 à toutes et à tous !
 

Maryse Lassonde