Cartographie 3D du sous-sol terrestre



Quelque 17 sismographes surveillent en continu les profondeurs du Bouclier canadien de l'Est du pays.

Non pas pour prévoir les tremblements de terre ou rechercher du pétrole, mais pour cartographier les paysages souterrains jusqu'à 1 000 kilomètres sous nos pieds.

Fiona Darbyshire, chercheure au Centre de recherche en géochimie et géodynamique (GEOTOP) de l'Université du Québec à Montréal, utilise en effet les tremblements de terre pour percer les secrets de ce socle rocheux ancien, plutôt mal connu sur le plan géologique, qui couvre près de 90 % du Québec. À la manière de l'imagerie médicale, les sismographes mesurent la vitesse de diffusion des ondes émises lors des séismes. Les variations de vitesse de ces vagues sismiques fournissent une foule de renseignements sur la nature et l'épaisseur de la croûte terrestre ou sur les propriétés des roches à une profondeur de plusieurs centaines de kilomètres. La géologue en apprend également plus sur le rôle des plaques tectoniques dans la formation et l'évolution du Bouclier canadien au fil de ses quatre milliards d'années d'existence.

La chercheure espère présenter un modèle 3D de la croûte et du manteau du Nord-Est canadien.

D'ici cinq ou six ans, grâce à la subvention Établissement de nouveau chercheur universitaire du Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies, Fiona Darbyshire espère présenter un modèle 3D de la croûte et du manteau du Nord-Est canadien. Cette future carte tridimensionnelle intéressera non seulement les férus de géologie, mais aussi les sismologues et les compagnies minières à la recherche de diamants. En effet, le Bouclier canadien offre une bonne combinaison pression/température pour former ces pierres précieuses.