Étudiant-chercheur étoile Mars 2013



Daniel Munro

Étudiant au doctorat en biologie
Université du Québec à Rimouski


Publication primée : The extreme longevity of Arctica islandica is associated with increased peroxidation resistance in mitochondrial membranes

Publiée dans : Aging Cell 11(5), 845-855
 

Résumé

« Mon étude établit clairement l'existence d'une forte relation entre la longévité et la sensibilité à l'oxydation des lipides composant les membranes mitochondriales de cinq espèces de mollusques bivalves, dont Arctica islandica, détentrice du record de longévité (507 ans) parmi les animaux supérieurs (autres que les bactéries). En effet, les espèces vivant plus longtemps incorporent moins d'acides gras hautement polyinsaturés aux phospholipides de leurs membranes. Ils deviennent ainsi moins sensibles à l'oxydation en milieu mitochondrial, et ralentissent le processus de sénescence. Plus encore, mon projet montre que ce mécanisme est plus marqué pour les membranes mitochondriales que pour les autres membranes cellulaires. Ce résultat appuie l'hypothèse que le rythme d'accumulation de mutations de l'ADN mitochondrial détermine majoritairement le rythme de la sénescence. »

Les travaux de Daniel Muro apportent une meilleure compréhension du mécanisme moléculaire de la sénescence et ainsi, une contribution à la grande question existentielle : pourquoi vieillissons-nous? En effet, en définissant les ajustements métaboliques fins opérés par la sélection naturelle pour accroitre la longévité d'une espèce, le doctorant cible de façon plus réaliste ce qui peut être attendu en termes d'interventions chez l'humain. De quoi peut-être mettre fin à des débats de société qui relèvent de la fiction. Plus concrètement encore, une meilleure connaissance de la nature du vieillissement fondamental permettra de départager plus facilement les mécanismes propres aux pathologies de vieillesse comme l'Alzheimer et le Parkinson, et de mieux cibler les objectifs de recherche dans ces domaines.