Hanno Erythropel en vedette dans CURIUM



Consultez le publireportage de la revue CURIUM (édition novembre 2016),
magazine « science et société » québécois destiné aux adolescents.

Wow! Le plastifiant phtalique (les phtalates), c'est pratique. On en utilise des quantité phénoménale!

Le hic, c'est qu'on en retrouve ensuite partout dans l'environnement.

Il existe forcément une substance moins nocive. Suffit de chercher…

C'est décidé. Je m'y mets !

– Hanno Christian Erythropel, lauréat Étudiant-chercheur étoile de janvier 2016 est doctorant en génie chimique de l'Université McGill.

Plastifiant et plastique : quelle est la différence ?

Le plastifiant est un produit qu'on ajoute à un polymère rigide (un plastique) pour le rendre flexible. Le plastifiant phtalique est le plus utilisé. On en trouve partout : dans les rideaux de douche, les cathéters, et même, jusqu'à tout récemment, dans les petits canards jaunes pour le bain.

En quoi son utilisation pose-t-elle problème ?

Quand on ajoute un plastifiant liquide à un polymère, il n'y a pas de lien chimique qui s'opère. C'est juste un mélange. Avec le temps, le liquide finit par sortir. Des milliers de tonnes de plastifiant phtalique sont ainsi libérées dans l'environnement chaque année. Le problème, c'est que ces plastifiants se biodégradent très, très, très lentement. Les bactéries n'aiment pas les manger. Et quand finalement, elles les mangent, cela génère d'autres substances nocives : le MEHP, notamment. C'est lui qu'on soupçonne de ralentir la production de testostérones chez l'humain en perturbant le système.

Les phtalates ont été bannis des jouets pour enfants de moins de 3 ans dans les pays occidentaux.  En remplacement, plusieurs autres produits ont été développés, un peu à la va-vite, sans être absolument sûr qu'ils ne produisent pas un effet similaire. Bref, on a remplacé un problème par un autre.

D'où l'intérêt de trouver un nouveau plastifiant écologique et non toxique…

Oui. Le but, c'était de trouver une molécule dont la structure ressemble à celles des phtalates, mais capable de se biodégrader plus rapidement. On a regardé plusieurs molécules. Une quinzaine environ, divisées en trois classes (phtalate et maléate, fumarate et succinate). Le succinate est sorti vainqueur de la course.

La prochaine étape ?

C'est l'industrie. Si on veut développer le produit et pousser la recherche, ce sera à une entreprise de le faire.  Plusieurs compagnies produisent mainteant de l'acide succinique à partir de microbes, en vue de fabriquer des succinates. Pour eux, c'est un créneau très intéressant.  L'une d'entre elles, Bioamber, se trouve d'ailleurs à Montréal.

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Consultez le résumé de sa publication primée.

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