Mieux transporter les médicaments



Comment mieux acheminer les médicaments dans le corps humain ? Grâce à la microfluidique. Cette science de la manipulation des fluides à l'échelle du micromètre permet de fabriquer des laboratoires miniaturisés sur puces afin, par exemple, de tester le transport de molécules médicamenteuses encapsulées.

En utilisant la microscopie avancée, le chercheur a pu suivre ces nanoparticules dans le temps. 

Comme un arbre qui draine la sève le long d'un réseau de milliers de capillaires minuscules dans ses feuilles, un système microfluidique fait circuler des fluides dans des canaux microscopiques séparés par des membranes 100 fois plus fines qu'un cheveu. Toutefois, ces dernières sont souvent synthétiques et non compatibles avec le corps humain.

À la recherche d'une autre solution à la fois naturelle et biocompatible, Jesse Greener, chercheur au centre de recherche du CHU de Québec–Université Laval, a exploité le kitosane, une molécule naturelle extraite de la carapace des crevettes. Le chimiste a constaté qu'en jouant avec le pH et la température ambiants, on pouvait former ou déconstruire des membranes de kitosane entre deux liquides circulant dans un système microfluidique. Pour la première fois, il a aussi réussi à modifier la largeur des membranes de façon personnalisée, ce qui lui a permis d'y ajouter des nanoparticules de silice, le moyen de transport le plus prometteur pour faire voyager des médicaments dans le corps. En utilisant la microscopie avancée, le chercheur a pu suivre ces nanoparticules dans le temps. Avec son équipe, il a même constitué une membrane qui compte près de 10 couches de nanoparticules pour pouvoir libérer plusieurs médicaments à différents moments.

Devant ces résultats, Jesse Greener pense que les membranes de kitosane pourraient être combinées avec du collagène pour servir de supports cellulaires pour la médecine régénératrice ou pour constituer des organes sur puces. Une piste encourageante qu'il suit à la trace !