Production de fourrages riches en sucres pour améliorer les performances de la vache laitière



Les sucres constituent une source majeure d'énergie pour la vache laitière haute productrice. Des fourrages plus riches en sucres apporteraient des bénéfices importants en améliorant les performances des vaches laitières via l'augmentation de la prise alimentaire, tout en réduisant les pertes azotées dans l'environnement. La fléole des prés et la luzerne, les espèces les plus communément ensemencées au Québec, présentent des teneurs en sucres plus élevées entre 16h00 et 18h00, 7 % (fléole) et 10 % (luzerne), comparativement aux teneurs au lever du soleil, 3 à 5 % (fléole) et 6 à 8 % (luzerne).

Au cours du préfanage, la teneur en sucres de la luzerne diminuait plus lentement à l'été et à l'automne qu'au printemps, les conditions favorisant un préfanage rapide. Ainsi, en fauchant les fourrages en fin d'après-midi et en les laissant étendus après la fauche, plutôt que de les mettre en andains, on obtient de meilleures teneurs en sucres des fourrages, surtout lorsque les conditions favorisent un préfanage rapide. Toutefois la teneur en sucres des fourrages diminue au cours de la fermentation en ensilage puisque les sucres sont utilisés par les microbes de l'ensilage, il y a donc atténuation des différences au cours  de la fermentation.

Chez des vaches en début de lactation recevant une ration de 60 % de luzerne, les quantités de MS ingérées et les productions de lait étaient similaires pour des ensilages de luzerne coupés en PM (4,4 % de sucres) ou en AM (3,2 % de sucres) mais la teneur en urée du lait était plus faible pour les vaches avec l'ensilage plus sucré. Ceci a aussi été observé in vitro en utilisant des mélanges de luzerne avec de la fléole plus sucrée. Ceci est un indice d'une meilleure efficacité d'utilisation de l'azote. Avec des vaches en mi-lactation et une ration de 65 % de fléole, la fléole fauchée en PM, plus sucrée, était ingérée plus (19,0 vs. 18,2 kg MS/jour) et permettait une production laitière supérieure (23,0 vs 22,2 kg/jour) comparativement à la fléole fauchée en AM. Ainsi, un fourrage avec un meilleur équilibre énergie/protéines améliore la production de lait tout en diminuant les rejets azotés dans l'environnement grâce à une utilisation plus efficace de l'azote des fourrages. La ressource fourragère étant un des avantages du Québec laitier, le fait d'avoir démontré que l'utilisation de fourrages riches en sucres est possible au Québec devrait inciter les producteurs laitiers à tirer meilleur profit de leurs fourrages.

Chercheur responsable

Guy Allard, Université Laval

Équipe de recherche

  • Gilles Bélanger (Centre de recherche et de développement sur les sols et les grandes cultures)
  • Annick Bertrand (Centre de recherche et de développement sur les sols et les grandes cultures)
  • Robert Berthiaume (Centre de recherche et de développement sur le bovin laitier et le porc)
  • Yves Castonguay (Centre de recherche et de développement sur les sols et les grandes cultures)
  • Raynald Drapeau (Centre de recherche et de développement sur les sols et les grandes cultures)
  • Alain Fournier (Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec)
  • Daniel Lefebvre (Secteur privé)
  • Réal Michaud (Centre de recherche et de développement sur les sols et les grandes cultures)
  • Doris Pellerin (Université Laval)
  • Gaëtan Tremblay (Centre de recherche et de développement sur les sols et les grandes cultures)

Durée

2007-2010

Montant

117 600 $

Partenaires financiers

  • Agriculture et Agroalimentaire Canada
  • Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec
  • Novalait inc.

Appel de propositions

Innovation en production et en transformation laitières