Scénarios sylvicoles pour le maintien et la restauration du thuya


On assiste à un déclin généralisé de l'abondance du thuya (communément appelé cèdre) à la suite d'un manque de recrutement. La présente étude visait à élaborer les bases scientifiques pour un aménagement écosystémique des forêts contenant du thuya.

Plus précisément, elle visait à :

1) Caractériser la structure et la dynamique de vieilles forêts contenant du thuya ;

2) Évaluer des approches de sylviculture du thuya visant son maintien et sa restauration, et ce, dans un contexte de raréfaction ;

3) Identifier les contraintes à la régénération du thuya.

La caractérisation de la structure et de la composition des vieilles forêts s'est faite à partir de deux sources, soit les carnets d'arpentage et les données de parcelles permanentes établies par la Cie Price au début du 20e siècle. Les résultats montrent que le thuya était assez présent dans les paysages forestiers préindustriels, mais que sa présence a diminué depuis. L'abandon de terres agricoles a toutefois favorisé un retour du thuya dans la partie sud de l'aire d'étude.

La dynamique de régénération du thuya a été étudiée dans des peuplements de l'ouest du Québec ayant été peu affectés par l'être humain. Cette étude a permis de constater de fortes différences régionales dans la dynamique actuelle. L'installation de régénération semble favorisée par une abondance de semenciers et une faible couverture arbustive et arborescente. La régénération s'installe de façon préférentielle sur le bois mort. Dans l'Outaouais et les Laurentides où la pression de broutement par le cerf de Virginie est plus forte, le recrutement au stade gaulis semble compromis.

La coupe de jardinage constitue une méthode largement recommandée pour la régénération du thuya. Afin de vérifier l'efficacité de cette méthode dans un contexte opérationnel, un réseau de parcelles permanentes établi par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec a été utilisé. Les résultats obtenus indiquent que les stratégies actuelles de coupe de jardinage permettent un établissement du thuya lorsque la densité de cerf est faible comme c'était le cas sur les sites à l'étude. Toutefois, l'abondance de la régénération est influencée par l'intensité de la coupe, la surface terrière du thuya et le pourcentage de couvert arbustif.

Dans un contexte où la présence du thuya a diminué au cours du temps, la plantation pourrait devenir nécessaire. L'étude de plantations du Bas-St-Laurent a démontré que, dans de bonnes conditions, le thuya planté croissait beaucoup plus rapidement que prévu et qu'il réagissait bien aux interventions. Certaines plantations réalisées dans des zones cartographiées comme ravages se sont très bien développées. Il ressort de tout cela que, dans de bonnes conditions, une baisse de la pression de broutement sur une dizaine d'années serait suffisante pour permettre au thuya d'échapper au cerf.

Chercheur responsable

Jean-Claude Ruel

Équipe de recherche

  • Dominique Arseneault, Université du Québec à Rimouski
  • Yan Boucher, Ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs
  • Catherine Larouche, Ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs
  • Jean-Claude Ruel, Université Laval
  • Luc Sirois, Université du Québec à Rimouski
  • Jean-Pierre Tremblay, Université Laval

Durée

3 ans

Montant

215 000 $

Partenaire financier

  • Ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs

Appel de propositions

Aménagement et environnement forestiers-V