Un portrait des mines sous hautes contraintes



Les gisements miniers qui se trouvent en surface ou à de faibles profondeurs sont de plus en plus rares au Québec. Les compagnies minières doivent donc exploiter des gisements qui sont situés en profondeur ou soumis à de fortes contraintes géologiques. Dans tous les cas, par souci de sécurité et de rentabilité, il faut caractériser ces sites pour comprendre le massif rocheux dans lequel les travaux seront réalisés. Jusqu'ici, peu de modèles permettaient de brosser un portrait géotechnique complet d'un site. C'est là qu'entre en jeu Martin Grenon, professeur titulaire au Département de génie des mines, de la métallurgie et des matériaux à l'Université Laval.

Une meilleure caractérisation d'un site minier permet aussi de mieux planifier les travaux. 

Les modèles actuels tiennent compte de façon indépendante des aspects géologiques, hydrogéologiques et géomécaniques des massifs rocheux. Or, le modèle élaboré par Martin Grenon propose de mettre ces données en commun, ce qui permet de pointer les éléments les plus critiques d'un projet qui risquent de compromettre la stabilité des ouvrages souterrains. Avec son équipe de recherche, il s'est penché sur le cas de la mine d'or Éléonore, située sur le territoire de la Baie-James. L'exploitation de ce site minier est soumise à de grandes contraintes : situé sous un réservoir d'eau, il est caractérisé par des venues d'eau substantielles et par une instabilité des excavations. Les chercheurs se sont également intéressés aux mécanismes qui influencent la sismicité d'un site minier, puisque les opérations d'extraction en profondeur sont plus à risque d'être affectées par des secousses sismiques.

Il en résulte une série de procédures qui peuvent s'appliquer à tout massif rocheux et qui s'adaptent aux particularités d'un site. Une meilleure caractérisation d'un site minier permet aussi de mieux planifier les travaux. On peut ainsi éviter des retards dans la production tout en assurant la sécurité des travailleurs sous terre. Le projet a été réalisé en collaboration avec la compagnie minière Goldcorp qui exploite le projet Éléonore. Il a été rendu possible grâce à l'aide financière accordée par le ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles du Québec et le Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies.