Veiller sur nos aînés en toute intimité



Les caméras de surveillance sont peu populaires auprès des aînés
en perte d'autonomie.

Normal, puisqu'elles les filment et retransmettent leurs images 24 h sur 24 au personnel soignant. Mais qui a dit que perte d'autonomie était synonyme de perte d'intimité? Tayeb Medjeldi, directeur du C2T3, le Centre collégial de transfert de technologie en télécommunications affilié au cégep de Trois-Rivières, aimerait équiper le logis des personnes âgées de caméras intelligentes et… discrètes! Ces dispositifs sans fil visent à déceler une chute, des convulsions, des quintes de toux ou une élévation soudaine de la température corporelle, indicatrice d'une infection. Autant de situations qui requièrent une attention immédiate.

La caméra peut déceler une chute à partir d'une analyse de la stature de la personne et de ses mouvements.

En collaboration avec le Centre d'innovation en microélectronique du Québec, un centre collégial de transfert de technologie rattaché au collège Lionel-Groulx, le scientifique a développé un prototype de caméra de surveillance intelligente équipée de processeurs, de capteurs d'images de haute performance et d'un système de détecteurs thermiques infrarouges.

Dotée de logiciels, la caméra peut déceler une chute à partir d'une analyse de la stature de la personne et de ses mouvements. Elle peut également « diagnostiquer » à distance le début d'une fièvre en comparant constamment les données de température physique enregistrées par les capteurs infrarouges avec la température moyenne de l'organisme humain.

La caméra filme en permanence, mais ne déclenche une alarme – sous forme de son, par courriel ou par téléphone – qu'en cas de situation critique. Ainsi, le personnel soignant visualise le segment vidéo seulement lorsqu'une alerte est émise. L'intimité est donc préservée, en toute sécurité. Conscient du potentiel de cet outil technologique, Tayeb Medjeldi espère convertir son prototype en produit commercialisable bientôt.