Vers des fibres végétales plus écologiques



Les champs canadiens regorgent de fibres végétales qui peuvent remplacer les fibres synthétiques obtenues par la synthèse de composés chimiques. Le chanvre et le lin sont particulièrement recherchés dans le domaine du textile, car leurs fibres sont résistantes, hypoallergéniques et douces. Toutefois, extraire des fibres naturelles de qualité de façon écologique est ardu. Aidé de son équipe, Vijaya Raghavan, professeur et chercheur au Département de génie des bioressources de l'Université McGill, a pris le problème en mains. Résultat ? Ils ont mis au point de nouveaux procédés qui maximisent l'extraction des fibres végétales et la production de composantes à valeur ajoutée pour l'industrie du chanvre et du lin.

En plus d'avoir gagné en efficacité, ces procédés préservent mieux qu'avant la qualité des fibres.

Le défi vient du fait que les fibres végétales sont solidement attachées aux tiges par la pectine, une sorte de « mortier » végétal. Pour briser ce lien robuste, on fait traditionnellement tremper les tiges de chanvre et de lin dans de grandes quantités d'eau pendant plusieurs semaines. Afin d'augmenter l'efficacité de cette étape dite « de rouissage », le professeur Raghavan et ses collègues ont exploité l'énergie des micro-ondes, dont l'effet thermique diminue grandement les besoins en eau. Les chercheurs se sont aussi penchés sur l'étape du séchage, qui exige énormément d'énergie et de temps pour faire passer le taux d'humidité des fibres mouillées de 65 à 10 %, ce qui est la norme dans l'industrie. Ils proposent un système de préséchage qui repose sur l'électro-osmose. Le principe : sous l'action d'un champ électrique, deux électrodes attirent les molécules d'eau des fibres au moment où elles passent entre des presses à rouleaux. Ensuite, les fibres subissent un séchage final de courte durée à air chaud couplé aux micro-ondes.

En plus d'avoir gagné en efficacité, ces procédés préservent mieux qu'avant la qualité des fibres. En prime, ils permettent d'isoler certains composés actifs contenus dans la paille de chanvre, comme des antioxydants et des biohuiles utilisés par les secteurs de l'alimentation et des biocarburants.