Caractérisation de un effecteur de système de sécrétion de type VI de la Salmonella enterica

 

Jennifer Ronholm

Université McGill

 

Domaine : techniques, mesures et systèmes

Programme : établissement de nouveaux chercheurs universitaires

Concours 2018-2019

L'antibiorésistance augmente chez les agents pathogènes d'origine alimentaire. Lorsqu'un agent pathogène résiste à un ou plusieurs antibiotiques, les possibilités de traitement des infections sont limitées. Par conséquent, il convient de trouver de nouveaux moyens de diminuer la prévalence des agents pathogènes d'origine alimentaire. L'utilisation de capacité du microbiome à exclure les agents pathogènes d'origine alimentaires pourrait offrir une excellente solution.
 
Le microbiome désigne la population de bactéries commensales non pathogènes situées dans le tube digestif qui offrent une certaine protection contre les infections par les agents pathogènes d'origine alimentaire – on appelle ce phénomène la résistance à la colonisation. Pour causer une infection, les agents pathogènes d'origine alimentaire doivent vaincre la résistance à la colonisation. L'une des stratégies employées consiste à déclencher une dysbiose – changement négatif dans la population du microbiome. Un agent pathogène peut provoquer une dysbiose indirectement par l'entremise d'une inflammation ou directement en produisant et en sécrétant des protéines effectrices bactéricides qui tuent des membres clés du microbiome. Dans certains cas, il se produit une véritable course aux armes bactériologiques. Dans ce cas, les protéines effectrices sécrétées par l'agent pathogène stimulent la libération de protéines bactéricides issues de la population du microbiome, parmi lesquelles plusieurs peuvent tuer l'agent pathogène. Les systèmes de sécrétion de type VI découverts depuis peu sont un mécanisme qui permet aux bactéries de communiquer au sein de communautés multiespèces. Tous les systèmes de sécrétion de type VI peuvent injecter des protéines effectrices dans les cellules voisines. Certaines protéines effectrices sont bactéricides de manière sélective. Dans le génome, les protéines effectrices se trouvent toujours à côté d'une protéine du système immunitaire qui assure une autoprotection ainsi qu'une protection des cellules sœurs contre cet effecteur précis. Les cellules bactériennes sans parenté peuvent également exprimer une protéine immunitaire compatible et par conséquent seraient également à l'abri de cet effecteur. Nous en savons peu sur ces interactions pendant l'infection à la S. enterica, cependant la plupart des isolats de S. enterica contiennent au moins un système de sécrétion de type VI et certaines plusieurs. Dans le présent projet, nous nous efforcerons de caractériser au niveau à la fois moléculaire et biochimique les protéines effectrices de la S. enterica. Nous créerons des vecteurs d'expression pour une protéine effectrices. Nous produirons des formes recombinantes de chaque effecteur à des fins de caractérisation biochimique et les protéines effectrices seront exprimées dans des espèces de bactéries commensales pour nous permettre de caractériser leur réponse transcriptionnelle (séquence ADN). Une compréhension approfondie des interactions entre la S. enterica et le microbiome sous l'action des effecteurs du système de sécrétion de type VI, pourrait conduire à de nouvelles stratégies de prévention et de traitement des infections bactériennes RAM d'origine alimentaire.