Est-ce que les champignons mycorrhiziens ralentissent la décomposition en forêt tempérée?

 

Etienne Laliberté

Université de Montréal

 

Domaine : environnement

Programme établissement de nouveaux chercheurs universitaires

Concours 2015-2016

Les sols des forêts nordiques sont un énorme réservoir de carbone. Ils jouent donc un rôle fondamental dans la régulation du climat. L'accumulation du carbone dans ces sols résulte principalement d'une décomposition lente de la matière organique. Il a récemment été proposé qu'un facteur important pouvant retarder la décomposition est l'action des champignons mycorrhiziens. Cependant, ce phénomène demeure peu étudié. Les champignons mycorrhiziens forment une symbiose avec les arbres, qui nourrissent les champignons en carbone en échange de nutriments tels que le phosphore et l'azote. L'hypothèse est que les champignons mycorrhiziens compétitionnent fortement pour les nutriments avec les microorganismes décomposeurs du sol, ce qui ralentit la décomposition.

Toutefois, ce ralentissement pourrait dépendre fortement du type de champignon mycorrhizien. En  effet, les champignons ectomycorrhiziens (ECM) sont particulièrement efficaces pour acquérir azote et phosphore organique par la sécrétion d'enzymes, alors que les champignons mycorrhiziens arbusculaires (MA) obtiennent les nutriments principalement dans la solution du sol. Ce projet de recherche vise à tester expérimentalement l'hypothèse que les champignons ECM ralentissent de façon beaucoup plus importante la décomposition que les champignons MA. Pour ce faire, le projet utilisera une « expérience naturelle » à la Station de biologie des Laurentides de l'Université de Montréal, où des parcelles forestières sont dominées soit par des arbres ECM ou MA, sur des sols similaires. Ce projet permettra de mieux comprendre le rôle fondamental que jouent les mycorrhizes dans le cycle global du carbone.