L'ADN environnemental utilisé comme révélateur des conséquences des méthodes de pêche sur la productivité des poissons et sur la biodiversité des communauté des écosystèmes lacustres

 

Alison Derry

Université du Québec à Montréal [UQAM]

 

Domaine : environnement

Programme projet de recherche en équipe

Concours 2018-2019

Le développement de techniques de pêche durables au Québec, au Canada et à l'échelle globale doit s'appuyer sur des principes scientifiques solides et des connaissances corroborées par des preuves. Les méthodes de pêche sélectives suscitent des inquiétudes croissantes, car elles pourraient affecter directement ou indirectement la pérennité et la productivité des pêcheries, ainsi que le fonctionnement des écosystèmes dont dépend la pêche industrielle. À ce jour, cette affirmation n'a cependant pas encore été testée de mainère compréhensive par des expériences répliquées dans la nature. Nous serons de plus les premiers à utiliser des techniques émergentes d'ADN environnemental (ADNe) pour estimer l'abondance relative de populations poissons dans des écosystèmes naturels en réponse à des techniques de pêches alternatives (objectif 1). Nos recherches seront également novatrices au travers de l'utilisation de méthodes de métabarcoding à partir d'ADNe afin d'évaluer les conséquences des pratiques de pêche sélectives pour la taille vs des pratiques équilibrées, en détectant la perte d'espèces et les gains à l'échelle de l'écosystème entier (objectif 2). Nous mettrons en place une expérience de pêche sélective à large échelle sur une période de trois ans, basée sur la réduction contrôlée expérimentalement de la taille de populations naturelles de truites présentes dans des lacs alpins. Nous comparerons les informations apportées par l'ADNe avec d'autres obtenues par des méthodes de suivi traditionnelles impliquant des phénotypes et organismes entiers issus de populations de poissons et de communautés aquatiques. L'expérience de raréfaction serait une opportunité unique pour le Québec car elle apporterait des données sur la taille réelle de populations, essentielles et très difficiles à obtenir, qui pourront ensuite être utilisées pour calibrer les données d'ADNe.

A l'interface entre ADNe et Biologie de la conservation des écosystèmes lacustres, nos travaux se placeront donc au premier plan de la recherche en Ecologie. Notre projet reposera sur les expertises collectives d'une équipe spécialisée en Ecologie, Evolution et Génomique afin de  comprendre l'impact des activités humaines sur la biodiversité et l'abondance des stocks. Nos expertises sont complémentaires et recouvrent parmi les Sciences aquatiques l'ADNe, le métabarcoding, la génomique, l'écologie halieutique, la limnologie et l'écologie des communautés: M.E. Cristescu (McGill), A.M. Derry (UQAM), et D.J. Fraser (Concordia). Grâce à cette expertise collective, nous prévoyons de former la prochaine génération de scientifiques équipés d'une gamme de compétences moderne, capables de répondre efficacement à des problèmes environnementaux majeurs et contribuer à des efforts de conservation relatifs aux impacts des pêcheries, des activités anthropiques et des invasions biologiques sur les écosystèmes aquatiques. La collaboration proposée formera cinq PHQ : deux MSc, un PhD et un PDF. Notre travail représentera une évaluation in situ nécessaire de l'efficacité de l'ADNe en tant qu'approche non-invasive et peu coûteuse pour inférer l'abondance de populations utilisée pour le suivi des pêcheries, ainsi que pour quantifier la biodiversité essentielle au maintien de l'équilibre des écosystèmes aquatiques au Québec.