La biofiltration: une alternative prometteuse pour le traitement des effluents gazeux et liquides issus de petits sites d'enfouissement

 

Michèle Heitz

Université de Sherbrooke

 

Domaine : environnement

Programme projet de recherche en équipe

Concours 2018-2019

Chaque année, des millions de tonnes de déchets sont enfouis dans des sites d'enfouissement à travers le Québec. Lors de leur décomposition anaérobie, ces déchets génèrent du biogaz dont un des principaux constituants est le méthane (CH4), gaz à effet de serre, 21 fois plus dommageable pour l'environnement que le dioxyde de carbone (CO2). La majorité des grands lieux d'enfouissement techniques brûlent ou valorisent le biogaz. Cependant de nombreux petits ou vieux sites d'enfouissement ne disposent d'aucune technologie adéquate pour contrôler les émissions de biogaz. Par ailleurs, des lixiviats sont également générés lors de la dégradation des déchets. Le présent projet multidisciplinaire propose le développement et la mise au point d'un procédé biologique (de type biofiltre) au sein duquel se développe une microflore bactérienne et/ou fongique apte à diminuer les émissions de biogaz et à traiter  les métaux et l'azote présents dans les lixiviats.

Les principaux objectifs de cette recherche sont de : 1) traiter par biofiltration à l'échelle laboratoire le CH4 et quelques constituants du biogaz sur un lit filtrant (organique et inorganique) et optimiser les principaux paramètres opératoires; 2) contrôler les métaux et l'azote par biofiltration des lixiviats sur un lit filtrant organique; 3) évaluer l'impact de l'inoculation et plus particulièrement des micromycètes sur  les performances des biofiltres traitant le CH4 ainsi que la structure des communautés microbiennes; 4) conduire des analyses physicochimiques; 5) comprendre les effets synergiques entre les composés présents dans le biogaz et leurs impacts pour le traitement des lixiviats (dénitrification méthanotrophique)  Les objectifs à long terme de ce projet sont de concevoir un biofiltre fermé stable ne requérant que peu d'entretien dont il sera facile d'équiper tout petit ou vieux site d'enfouissement sanitaire pour le contrôle simultané du biogaz et des lixiviats.

Ce projet dirigé par M. Heitz du département de génie chimique et de génie biotechnologique de l'Université de Sherbrooke (UdeS) se fera avec la collaboration d'un cochercheur de l'Université Laval, Paul Lessard (génie civil/génie des eaux) et sera supporté par 4 collaborateurs du Centre de Recherche Industrielle du Québec, Québec (CRIQ) et 1 collaborateur international de l'Institut Mines Télécom (Mines Alés, Alés, France).