Nature et rôle écologique des manipulations de comportement de type 'garde du corps' chez les insectes parasitoides

 

Jacques Brodeur

Université de Montréal

 

Domaine : organismes vivants

Programme projet de recherche en équipe

Concours 2010-2011

Les manipulations de comportement chez les hôtes parasités fascinent les biologistes. Elles se retrouvent au cœur d'applications en parasitologie et en lutte biologique.

Notre projet explore la nature et les conséquences écologiques d'un type méconnu de manipulation de l'hôte, celle de type 'garde du corps'. Des guêpes parasitoïdes (Dinocampus coccinellae) ont la capacité de manipuler le comportement de leur hôte, une coccinelle, durant une période bien spécifique de leur développement. Lors du développement pupal du parasitoïde, l'hôte est manipulé et agit comme un 'garde du corps'; la coccinelle défend activement le cocon face à des ennemis naturels. Après émergence du parasitoïde, des hôtes parasités retrouvent des comportements de quête alimentaire et se reproduisent. Pourquoi les hôtes se comportent-ils en garde du corps? Quel est la cohérence écologique des individus manipulés au sein d'une population ? Notre projet se divise en huit objectifs. Nous déterminerons entre autres si la manipulation implique des coûts pour le parasitoïde, résulte d'un partage de phénotypes entre le parasite et l'hôte, et contribue à réduire la mortalité du parasitoïde.

Des travaux sont aussi planifiés afin de contraster les performances des individus sains et parasités. Nous évaluerons la capacité des coccinelles manipulées à réguler les populations de pucerons dans un contexte de lutte biologique.

Nous développerons des modèles dynamiques qui prennent en compte les traits d'histoire de vie des protagonistes afin d'évaluer (i) les conditions favorables à l'évolution du comportement manipulé, et (ii) les conséquences écologiques.