Caractérisation et modélisation de la croissance et des propriétés du bois des pessières noires le long d'un gradient latitudinal (48°- 53° parallèle)



L'aménagement de la forêt boréale est en mutation. D'abord prisée pour la qualité de sa fibre dans la fabrication du papier, la transformation de l'épinette noire s'est tournée vers la production de bois d'œuvre et est maintenant de plus en plus recherchée pour sa qualité en termes de résistance.

Il est donc important de bien connaître les propriétés de ce bois et ce, pour l'ensemble de la forêt boréale québécoise de manière à mieux orienter les investissements et le développement socio-économique qui en découle. De plus, la forêt boréale située à des latitudes nordiques représente un réservoir d'arbres d'une grande valeur écologique et une ressource économique inconnue qui reste encore, à ce jour, à être évaluée et explorée.

L'objectif principal du projet était de quantifier la variabilité de la croissance ligneuse en volume et en densité et les propriétés du bois en fonction de la latitude, pour ensuite élaborer et appliquer un modèle de productivité quali-quantitatif aux plans d'aménagement forestier.

Lors de la réalisation de cette étude, cinq peuplements purs d'épinettes noires ont été échantillonnés le long d'un gradient alti-latitudinal, situé entre le 48ième et le 53ième degré de latitude nord. Les résultats montrent que les sites situés aux latitudes et aux altitudes les plus élevées présentent une réduction du taux de croissance, menant à une diminution du volume de la tige produit. Cette réduction de croissance est le résultat d'une diminution de la saison de croissance dans les sites nordiques. Malgré une dynamique similaire, un délai dans le début et la fin des étapes de la formation du bois est observé entre les sites. Les sites les plus chauds, SIM et MIS, ont une reprise hâtive de la croissance et une fin tardive de la différenciation du xylème. Ceci mène à une augmentation de 14 jours de la période de xylogénèse (+13,1 %) ce qui correspond à une augmentation massive de la production cellulaire (+109 %).

 À l'opposé, la saison de croissance plus courte aux latitudes plus élevées, MIR et DAN, diminue le temps pour la production et la maturation cellulaire, donc le volume de bois produit. La qualité du bois varie également le long du gradient alti-latitudinal. La densité du bois, la taille des fibres et les propriétés mécaniques sont supérieures dans les sites situés à des latitudes et à des altitudes plus bases. Plus précisément, le site le plus nordique présente la densité et les propriétés mécaniques du bois les plus faibles et ce, pour l'ensemble des âges cambiales analysés.

En conclusion, selon nos résultats, la réduction de la productivité et l'augmentation des coûts reliés à l'exploitation de peuplements nordiques ne seront pas compensés par une augmentation de la qualité du bois.

Chercheure responsable

Annie Deslauriers, Université du Québec à Chicoutimi

Équipe de recherche

  • Damien Côté (Ministère des Ressources naturelles et de la Faune)
  • Serge Gosselin (Secteur industriel - Québec)
  • Cornelia Krause (Université du Québec à Chicoutimi)
  • Hubert Morin (Université du Québec à Chicoutimi)
  • Sergio Rossi (Université du Québec à Chicoutimi)

Durée

2010-2013

Montant

214 000 $

Partenaires du projet

  • Fonds de la recherche forestière du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Appel de propositions

Forêt boréale au Saguenay-Lac-St-Jean