Guide de gestion de la densité pour l'épinette noire



Les peuplements d'épinette noire couvrent une vaste étendue de la forêt boréale. Arrivés à maturité, ils sont récoltés principalement par CPRS bien que des coupes partielles telles que la CPPTM soient applicables selon les circonstances. En fonction des normes en vigueur, les parterres de coupe peuvent être considérés régénérés si le coefficient de distribution de la régénération est de 10 % supérieur au coefficient de distribution des souches (MRNF 2003). Des superficies comportant de 30 à 40 % de trouées sont ainsi considérées régénérées. De façon à tirer au maximum avantage du potentiel de production (MRNF 2008), il serait sage de définir quel niveau de boisement peuvent supporter les différentes stations forestières où l'on retrouve l'épinette noire.

Les guides de gestion de la densité (GGD) sont des outils d'aide à la décision utilisés communément en foresterie (Drew et Flewelling, 1979). Comme ils permettent de prévoir l'évolution des peuplements, l'intérêt pour ces outils réside dans leur capacité à prendre en considération différents objectifs de production et ainsi de choisir les stratégies sylvicoles à adopter dans la conduite des peuplements. Ils fournissent par ailleurs une référence factuelle quant au niveau de boisement.

Les GGD sont conçus pour des peuplements à structure équienne. Dans le cas des peuplements d'épinette noire, on admet généralement que la structure peut être très variable résultant en des distributions normales, bimodales, en J inversé ou avec asymétrie positive ou négative. Cette variabilité est en partie attribuable aux méthodes de récolte (coupes totales vs partielles), aux stations forestières et aux patrons de croissance. Muessenberger (2005) démontrait que cette variation des structures diamétrales doit impérativement être considérée puisqu'elle occasionne un biais dans les prédictions des GGD.

Objectifs : Ce projet vise spécifiquement à : 1) élaborer un GGD pour l'épinette noire tenant compte de la diversité des structures et des stations forestières; 2) déterminer comment considérer la variabilité des structures, i.e. préciser leur rôle dans  la relation « volume moyen = f (hauteur dominante et densité) »; 3) caractériser les changements temporels des structures diamétrales en fonction des stations forestières pour formuler des prédictions; 4) déterminer dans quelle mesure la structure diamétrale et son évolution découle d'un patron de croissance en lien avec les stations forestières (Pretzsch 2009); 5) intégrer aux GGD des relations accessoires (dimensions de la cime vivante et quotient hauteur - diamètre des tiges dominantes), permettant de porter un meilleur jugement sur la pertinence de réaliser une éclaircie commerciale; 6) caractériser le niveau de boisement selon les différentes stations.

Résultats obtenus : 1) développement d'une méthode d'évaluation performante de la hauteur des arbres à partir d'une régression non linéaire mixte tenant en compte l'effet du dhp, de la densité relative, de l'essence et des placettes; 2) mise en place d'une méthode automatisée de l'évaluation de la hauteur dominante et du diamètre des dominants en excluant les vétérans; 3) meilleure compréhension de l'effet de la dispersion spatiale des tiges sur le volume moyen des arbres; 4) développement méthodologique pour adapter les GGD à des structures diamétrales variables; 5) GGD pour les pessières noires pures (90 % et plus en EPN) tenant compte de la structure, de la végétation potentielle et des sous-régions écologiques; 6) intégration de la dynamique des peuplements à l'intérieur du GGD via une évaluation de l'évolution de la densité et du volume moyen sur une période de 12 ans; 7) caractérisation de l'évolution temporelle des structures diamétrales via une variable facile à évaluer (rapport du diamètre moyen quadratique sur le diamètre des dominants); 8) établissement de relations (diamètre moyen quadratique et proportion de volume marchand), permettant de porter un meilleur jugement sur l'état du peuplement, son évolution future et la pertinence de réaliser une intervention sylvicole; 9) pour une portion importante du Lac Saint-Jean, prévisions du coefficient de la régénération résineuse cinq ans après coupe en fonction de différentes situations (végétation potentielle, domaine bioclimatique, type de couvert, classe de densité, système d'opération, saison de récolte et distance par rapport au chemin forestier); 10) une évaluation de l'évolution des 30 premières années après coupe des pessières noires coupées dans les années '80 en fonction du coefficient de distribution de la régénération mesuré 5 ans après coupe.

Retombées actuelles et prévues : 1) mise au point de méthodologies permettant de produire des GGD adaptées aux forêts du Québec; 2) disponibilité d'un outil permettant aux sylviculteurs d'évaluer l'état des pessières noires et leurs évolutions futures; 3) visualisation de l'influence de certaines caractéristiques sur la production de l'épinette noire; 4) caractérisation de la capacité de support du milieu (boisement) selon différentes stations forestières et identification des stations où les regarnis sont appropriés; 5) identification de problématiques sylvicoles associés à la présence ou non de régénération résineuse dans les peuplements coupés au Lac Saint-Jean; 6) identification de stations forestières et de peuplements qui mériteraient un effort d'échantillonnage supérieur après coupe en fonction des objectifs de boisement; 7) formation de chercheurs; 8) transfert technologique et diffusion des résultats (mémoires et colloques); 9) validation et compilation de bases de données qui serviront dans le cadre d'autres projets et d'autres organismes.

Chercheur responsable

Jean Bégin, Université Laval

Équipe de recherche

  • Michel Belleau (Bowater Produits forestiers du Canada inc.)
  • Daniel Mailly (Ministère des Ressources naturelles et de la Faune)
  • Hubert Morin (Université du Québec à Chicoutimi)
  • David Poithier (Université Laval)
  • Stéphane Tremblay (Ministère des Ressources naturelles et de la Faune)
  • Chhun Huor Ung (Service canadien des forêts, Québec)

Durée

2010-2013

Montant

215 000 $

Partenaire financier

  • Fonds de la recherche forestière du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Appel de propositions

Forêt boréale au Saguenay-Lac-St-Jean