Les défis du nouveau télescope spatial James Webb



Le télescope spatial James Webb constitue l'un des projets majeurs du début du 21e siècle.

Les plus grands scientifiques y travaillent, cherchant à créer l'une des machines les plus complexes jamais conçues par l'homme. Parmi ces sommités de la science se trouve un Québécois, René Doyon, professeur au Département de physique de l'Université de Montréal et directeur de l'Observatoire du Mont-Mégantic. La mission du nouveau télescope sera principalement d'explorer les tout débuts de l'univers, il y a 13 milliards d'années, et d'étudier l'atmosphère des planètes d'autres systèmes solaires.

Pour le simple citoyen, les technologies utilisées sur le télescope seront fort probablement transposées à de multiples appareils électroniques dans l'avenir.

Quatre instruments scientifiques fonctionnant dans la lumière infrarouge sont au cœur du télescope : deux caméras, un spectromètre multi-objets et un détecteur de guidage de haute précision ; ce dernier est fourni par l'Agence spatiale canadienne, et c'est l'équipe de René Doyon qui en prépare la confection depuis 2001. Cet instrument constitue en quelque sorte les yeux du télescope et comprend tout l'équipement optique nécessaire pour que le télescope pointe très précisément à un endroit donné. L'autre fonction de l'instrument placé sous la responsabilité scientifique du chercheur québécois sera d'étudier l'atmosphère des autres planètes et de déterminer leur composition moléculaire pour y chercher de l'eau, voire des signes de vie. René Doyon a d'ailleurs été sélectionné pour s'occuper de cet élément crucial du télescope en raison de sa vaste expérience en astronomie. Le fait qu'un chercheur québécois soit choisi comme responsable scientifique d'une portion importante de la conception du télescope permettra à tous les astronomes québécois et canadiens d'avoir un accès privilégié à cet instrument et d'être aux premières loges pour participer aux prochaines grandes découvertes scientifiques.

L'impact économique de tels travaux est majeur. Pour le simple citoyen, les technologies utilisées sur le télescope seront fort probablement transposées à de multiples appareils électroniques dans l'avenir. Par exemple, le capteur électronique des caméras installées sur les téléphones cellulaires, les ordinateurs portables et les tablettes électroniques a été développé pour équiper le télescope Hubble. La technologie Wi-Fi a également été inventée par les radio-astronomes.

La NASA a l'intention de remplacer Hubble par le télescope James Webb en 2018. Beaucoup plus grand, celui-ci a la particularité de pouvoir remonter dans le temps pour étudier la naissance des planètes et explorer les premières galaxies. Il servira donc principalement à la recherche fondamentale, contribuant à une meilleure compréhension de l'univers et peut-être même à répondre à ces grandes questions dont nous ignorons toujours les réponses : Qui sommes-nous? D'où venons-nous? Où allons-nous? Y a-t-il de la vie ailleurs dans l'univers?