Mieux prévoir le verglas



L'approche du courant chaud El Niño fait craindre un épisode de pluie verglaçante calqué sur la triste crise du verglas de 1998.

Heureusement, grâce à des projets de recherche comme celui de Julie Thériault, chercheure en science atmosphérique à l'Université du Québec à Montréal, les météorologues ont de meilleurs outils pour prévoir les précipitations verglaçantes et ainsi, aider la population à mieux s'y préparer.

Ce phénomène est bien compris, mais la plupart des modèles climatiques ne peuvent faire des projections de verglas.

Le verglas se forme lorsque les cristaux de neige traversent subséquemment une épaisse couche d'air chaud qui les rend liquides et une mince couche d'air froid qui transforme la pluie en glace à la surface terrestre. Ce phénomène est bien compris, mais la plupart des modèles climatiques ne peuvent faire des projections de verglas, car ce type de précipitation est grandement contrôlé par des processus microphysiques. Par exemple, lorsque la température oscille autour de 0 ⁰C, le vent local joue le rôle d'interrupteur météo entre la neige, le grésil et la pluie en réchauffant ou en refroidissant l'environnement.

Julie Thériault a démontré scientifiquement que le vent qui souffle dans les vallées peut changer de direction lors de l'échange de chaleur associée à la fonte de la neige au sol. Ce changement de cap peut ensuite amener les précipitations neigeuses à se changer en pluie. Ces phénomènes participent intimement à la formation de pluie verglaçante et de grésil dans la vallée du Saint-Laurent, une région qui, par sa configuration, emprisonne le vent en basse altitude.

Julie Thériault étudie ces multiples micro-interactions, afin que les modèles météorologiques puissent anticiper les changements de précipitations lors de tempêtes hivernales caractérisées par des températures avoisinant le point de congélation. Bref, il s'agit de mieux prévoir pour mieux réagir !