Nuages cosmiques en 3D



De quoi est constitué notre univers ? Comment fonctionne-t-il ?  Afin de répondre à ces questions pour le moins existentielles, les astrophysiciens conçoivent des moyens d'observation et de mesure de plus en plus sophistiqués permettant de scruter le ciel.

Gilles Joncas, professeur au Département de physique, de génie physique et d'optique de l'Université Laval, a développé une méthode spectroscopique pour « voir » en 3D les nébuleuses diffuses – ces nuages de matière cosmique – et ainsi, enrichir notre connaissance de la galaxie.

Ces données aideront les astrophysiciens à mieux comprendre la naissance des étoiles et leur interaction avec la matière ayant servi à leur formation.

Le chercheur s'est servi d'un dispositif original élaboré par son collègue Laurent Drissen, professeur au même département, et construit avec l'aide de la firme ABB Québec. Intégré au télescope de l'Observatoire du Mont-Mégantic, cet instrument prend la forme d'une pyramide tronquée de dimension humaine dont la structure métallique, faite de composite, abrite des systèmes optiques de haute précision, des lasers et des détecteurs très sensibles. Ceux-ci enregistrent le spectre lumineux émis par les nébuleuses pour ensuite le décomposer, un peu à la manière d'un prisme.

En analysant la signature spectrale obtenue, Gilles Joncas récolte beaucoup d'informations sur les nébuleuses : température, densité, composition chimique... Par effet Doppler utilisé notamment par les radars policiers et pour les échographies, il peut également déterminer la vitesse des particules, modéliser la distribution de la matière et obtenir une image 3D du nuage céleste. Ces données aideront les astrophysiciens à mieux comprendre la naissance des étoiles et leur interaction avec la matière ayant servi à leur formation.

Les travaux du professeur Joncas ont également permis de vendre l'idée d'une version améliorée de l'instrument qui, presque terminée, quittera bientôt le Québec pour être incorporée au télescope Canada-France-Hawaï.