Traite ajustée, vache en bonne santé



Les premières semaines suivant la mise bas des vaches laitières représentent une période critique, car celles-ci sont alors particulièrement à risque de développer des maladies métaboliques et infectieuses. Pour réduire ces risques, le professeur Simon Dufour de l'Université de Montréal et son équipe ont mis au point une technique de traite ajustée.

Les vaches qui avaient bénéficié d'une traite réduite avaient un déficit énergétique beaucoup moins élevé.

Après la naissance de leur veau, les vaches peuvent produire rapidement jusqu'à 35 litres de lait par jour. Cela entraîne une demande élevée en énergie qu'elles ne réussissent pas à récupérer dans leur alimentation. Elles se retrouvent donc en déficit énergétique, ce qui affaiblit leur système immunitaire. Le risque devient alors élevé de développer plusieurs maladies.

Pour tenter de réduire l'incidence de ces problèmes de santé, les chercheurs ont limité à environ dix litres par jour la quantité de lait prise dans les cinq premiers jours de la lactation. Après un essai contrôlé et randomisé auprès de 800 vaches dans 13 fermes laitières commerciales, ils ont constaté que les vaches qui avaient bénéficié d'une traite réduite avaient un déficit énergétique beaucoup moins élevé que celles qui avaient fait l'objet d'une traite complète. L'incidence des maladies infectieuses et métaboliques a aussi diminué.

De plus, les vaches ont retrouvé en une semaine leur rythme de production normal. « La productivité reste similaire, mais on a évité des maladies, des souffrances et des traitements », résume le professeur Simon Dufour. Ce dernier assure que cette technique est facile à essayer et à instaurer, puisqu'elle ne nécessite pratiquement aucun investissement de la part des producteurs.

L'équipe s'affaire maintenant à vérifier l'impact de cette nouvelle technique de traite sur la fertilité des vaches laitières. En effet, certaines maladies métaboliques, comme l'hypercétonémie, affectent le milieu utérin de ces animaux et nuisent à la reproduction. Éviter le développement de ces maladies pourrait avoir un effet positif sur la fertilité.

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Cette recherche a été réalisée dans le cadre du programme Projet de recherche orientée en partenariat – Innovation en production et en transformation laitières – VI, avec le soutien financier de Novalait et du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.