Une maison intelligente pour retrouver son autonomie



Qui dit « perte d'autonomie » dit aussi « vie en institution », mais ce n'est plus nécessairement le cas ! Grâce aux chercheurs du laboratoire DOMUS de l'Université de Sherbrooke, la domotique se met au service des victimes de traumatismes crâniens sévères. Une première résidence qui « parle » à ses occupants a été inaugurée en 2011 en Estrie. Et il y en aura d'autres.

Les chercheurs utilisent cette résidence pour tester en toute sécurité différentes technologies d'aide à l'autonomie.

Une lumière clignote lorsque la cafetière reste allumée trop longtemps; la cuisinière s'éteint d'elle-même après un certain temps; un rappel de l'horaire de la journée s'affiche sur l'écran de la télévision… La résidence domotisée du Centre de réadaptation Estrie permet à 10 personnes qui ont subi un traumatisme crânien important de jouir d'une autonomie qui est balisée par un encadrement informatisé continu. Cet habitat intelligent perçoit les actions de ses occupants à l'aide de capteurs installés sous le lit, les fauteuils et le tapis, sur les portes, dans la robinetterie.

« L'information générée par ces capteurs est analysée par des algorithmes d'apprentissage automatique appliqués pour s'adapter aux habitudes de vie d'une personne, explique Hélène Pigot, chercheure en informatique au Laboratoire DOMUS et co-directrice du projet. Ainsi, grâce à l'informatique, la résidence pourra réagir rapidement en émettant une alarme pour contrer un risque d'incendie ou de dégât d'eau, ou en appelant un intervenant au secours ». Plus encore, pour favoriser son autonomie à l'extérieur du logis, chaque occupant aura un assistant personnel intégré à un téléphone cellulaire qui lui rappellera son horaire de la journée ou l'heure de prise de ses médicaments. À l'intérieur de la résidence, cet agenda portable pourra interagir et se synchroniser avec un écran d'ordinateur ou de télévision.

Les chercheurs du laboratoire DOMUS utilisent cette résidence pour tester en toute sécurité différentes technologies d'aide à l'autonomie. Le défi : développer des interfaces simples, explicites et adaptées aux besoins réels des utilisateurs qui peinent à gérer leurs activités quotidiennes, mais qui veulent vivre sans chaperon. Les scientifiques travaillent présentement à concevoir un assistant culinaire sur écran tactile qui aidera les usagers à cuisiner. À terme, le concept d'habitation domotisée sera intégré à d'autres résidences et adapté pour « parler » aux gens souffrant de maladies mentales.