Importance fonctionnelle d'une divergence évolutive de la structure du récepteur de la gonadolibérine chez les mammifères

 

Daniel Bernard

Université McGill

 

Domaine : Organismes vivants

Programme projet de recherche en équipe

Concours 2013-2014

Chez les vertébrés, la reproduction est contrôlée par le cerveau, l'hypophyse et les hormones gonadiques. La gonadolibérine (GnRH) provenant de l'hypothalamus régule la production et la sécrétion des hormones gonadotrophines, qui stimulent à leur tour la production de stéroïdes par les gonades et la maturation des gamètes. Chez les femelles, à chaque cycle, une relâche de GnRH déclenche une montée de la sécrétion des gonadotrophines, menant à l'ovulation. La GnRH agit via son récepteur (GnRHR) à la surface des cellules gonadotropes. Le GnRHR est un récepteur couplé aux protéines G (RCPG) qui possèdent sept domaines transmembranaires et une queue C-terminale intra-cytoplasmique. Cette queue joue un rôle important dans la signalisation et la désensibilisation des RCPGs. Il est intéressant que la queue du GnRHR a été perdue au courant de l'évolution des mammifères. L'importance physiologique de cette perte demeure inconnue.

Nous proposons de tester l'hypothèse que l'absence de la queue C-terminale permet aux GnRHRs des mammifères d'éviter ou de retarder leur désensibilisation face à la montée pré-ovulatoire de GnRH. Nous proposons de créer une souris transgénique chez laquelle la queue C-terminale du GnRHR de la poule sera fusionnée au GnRHR endogène de la souris.

Nous prédisons que cette modification permettra aux GnRHRs de la souris de se désensibiliser, résultant en un raccourcissement de la montée des gonadotrophines et diminuant ainsi la fertilité des souris femelles. Ce projet de recherche fondamentale fournira les premières indications in vivo de l'importance de la perte de la queue C-terminale du GnRHR durant l'évolution.