Mot de la directrice scientifique



19 juillet 2018

Voici mon dernier mot en tant que directrice scientifique du Fonds de recherche du Québec — Nature et technologies (FRQNT). Après avoir passé six ans et demi à ce poste, j'ai accepté de relever un nouveau défi, qui s'apparente toujours au monde de la recherche et de l'enseignement, soit celui de la présidence du Conseil supérieur de l'éducation.

Il y a plus de six ans, donc, avec le scientifique en chef, j'ai eu la chance de participer à la mise en place des Fonds de recherche du Québec (FRQ), qui avaient été restructurés et réunis sous une même bannière en 2011. Il s'agissait d'une immense tâche, car les trois Fonds avaient jusqu'alors connu une autonomie quasi complète. La nouvelle organisation impliquait des changements importants, notamment sur le plan du partage de services communs. Grâce à la volonté infaillible du scientifique en chef et à l'appui des directeurs scientifiques, la structure FRQ est maintenant bien ancrée, et les trois Fonds ont depuis connu une reconnaissance exceptionnelle non seulement au sein de notre propre gouvernement, mais également à l'échelle canadienne et internationale.

Toutes ces modifications se sont produites dans le respect de la mission propre à chacun des Fonds. Ainsi, au FRQNT, il m'est vite apparu que la qualité de nos chercheuses et chercheurs devait être valorisée partout dans le monde. J'ai donc développé un ensemble de collaborations internationales au sein de réseaux tels que les Era-Net ou le Belmont Forum, ou avec des pays et territoires dont les thèmes de recherche rejoignaient les nôtres. Certaines de ces initiatives ont donné lieu à des succès remarquables. À titre d'exemple, une entente intervenue avec le programme des Équipes associées d'INRIA a mené à l'attribution d'une chaire INRIA à Marcelo Wanderley, de l'Université McGill, qui avait reçu un financement grâce à cette nouvelle collaboration. Je crois réellement que la poursuite et le développement d'ententes internationales doivent demeurer une priorité pour le FRQNT.

Le FRQNT se distingue également des deux autres Fonds par la sous-représentation des femmes au sein de ses divers programmes. Il s'agit d'une situation préoccupante, que j'ai tenté de corriger en partenariat avec divers ministères, dont celui de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, et avec des agences fédérales. Ceci a donné lieu à une rencontre internationale sur ce thème, le Gender Summit, tenu à Montréal en novembre dernier, de même qu'à la participation du Québec au projet SAGA (STEM and Gender Advancement) de l'UNESCO, dont le rapport paraîtra sous peu. Ces événements ne marquent que le début d'un ensemble d'initiatives qui, je l'espère, se poursuivront au cours des prochaines années.

Grâce aux efforts fournis par le scientifique en chef et au soutien de notre ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, les FRQ ont bénéficié cette année d'une importante augmentation de budget. Du côté du FRQNT, après avoir connu de nombreuses fluctuations au cours des six dernières années, le budget de base s'est finalement stabilisé à un niveau supérieur à celui qui était établi à mon arrivée. Il reste toutefois qu'en dépit de cette note positive, le budget actuel ne nous permet pas de lever le moratoire sur quelques-uns de nos programmes ni d'offrir chaque année le programme Projet de recherche en équipes, lequel constitue un programme phare du FRQNT. Je reste persuadée que la personne qui prendra la direction du FRQNT saura poursuivre le travail de reconnaissance des réalisations extraordinaires de notre communauté de recherche et ainsi assurer non seulement la pérennité des Fonds, mais également leur croissance.

En terminant, je tiens à remercier la communauté universitaire et collégiale pour son appui constant au cours de mon mandat. Je remercie également le personnel des FRQ et, plus particulièrement, le personnel du FRQNT et son directeur de programmes. Le dévouement et le professionnalisme caractérisent chacune de leurs actions. C'est grâce à leur soutien que des avancées ont pu être réalisées au sein du Fonds et je suis persuadée que ces qualités indispensables continueront d'être mises au service de la personne qui prendra la direction scientifique du FRQNT.

Je vous souhaite à toutes et à tous de passer un été rempli de science, mais surtout de soleil et de repos!

Maryse Lassonde