Exploiter le sens du toucher des plantes



Et si on pouvait aider les plantes à mieux se protéger des insectes ou du vent en contrôlant leur sens du toucher? C'est ce que cherche à réaliser Anja Geitmann, professeure et doyenne de la Faculté de l'agriculture et des sciences de l'environnement de l'Université McGill, en étudiant la mimosa, une plante d'origine tropicale qui a le réflexe de replier ses feuilles, entre autres lorsqu'on la touche ou que le vent est trop fort.

Même si peu de plantes réagissent de façon aussi spectaculaire que la mimosa, elles sont toutes capables de percevoir des stimuli comme le toucher, la gravité ou la pression.

Même si peu de plantes réagissent de façon aussi spectaculaire que la mimosa, elles sont toutes capables de percevoir des stimuli comme le toucher, la gravité ou la pression. Mais on ne comprend pas bien comment cela se produit. À l'aide de différentes techniques de biologie moléculaire, Anja Geitmann et son collègue Sharif Naeini, du Département de physiologie, ont voulu vérifier l'hypothèse selon laquelle les plantes perçoivent le toucher grâce à des canaux ioniques situés à la surface de leurs feuilles. Ces canaux sont des protéines en forme de beignes qui laissent passer des ions comme le sodium ou le potassium, essentiels au fonctionnement des cellules.

Les chercheurs ont isolé des cellules de la veine centrale de la feuille de mimosa. En retirant la paroi de chaque cellule, ils ont réussi à mesurer le transport d'ions. Puis, en appliquant différentes forces de courant électrique sur les canaux ioniques, les scientifiques ont confirmé que ceux-ci transmettent des signaux électriques entre les cellules de la plante pour la faire réagir à un stimulus. Ils ont répété l'expérience sur d'autres parties de la feuille et se sont aperçus qu'il faut toucher des cellules spécifiques de la nervure centrale pour que la plante réagisse. La chercheuse sonde maintenant les gènes responsables de ce sens du toucher chez plusieurs autres végétaux. Le but ultime : exploiter ces gènes pour rendre certaines plantes plus résistantes à leur environnement, une piste des plus intéressantes pour l'industrie agricole.