Des microbes pour contrer l'invasion de l'érable de Norvège



Introduit en Amérique du Nord au 18e siècle en provenance de l'Europe, l'érable de Norvège est souvent planté en bordure de route, car il croît rapidement et résiste bien à la pollution. Cet arbre exotique se plaît tellement au Québec qu'il vole du terrain aux espèces natives, notamment à l'érable à sucre. En effet, l'érable de Norvège produit énormément de semences qui germent partout, au détriment de notre arbre emblématique. Au parc du Mont-Royal, par exemple, si on n'intervient pas, l'érable de Norvège sera dominant d'ici moins de trente ans.

Cet arbre exotique se plaît tellement au Québec qu'il vole du terrain aux espèces natives, notamment à l'érable à sucre.

Mais comment cet arbre a-t-il réussi à s'adapter au point de devenir l'espèce la plus envahissante au Québec? La réponse pourrait-elle se trouver dans les microbes du sol? s'est demandé Tonia De Bellis, enseignante et chercheuse au Département de biologie du Collège Dawson, à Montréal. En effet, toutes les plantes ont besoin de microbes pour se développer. Entre autres, les champignons mycorhiziens les aident à absorber des nutriments du sol et à combattre les pathogènes.

En collaboration avec l'Université Concordia et l'UQAM, Tonia De Bellis a sélectionné des érables de Norvège et des érables à sucre de même taille poussant côte à côte à l'arboretum Morgan, une réserve forestière sur le campus de l'Université McGill. Pour comparer les érables, les chercheurs ont extrait l'ADN microbien de leurs racines et ont observé les champignons au microscope. Premier constat : les mycorhizes québécoises sont très compatibles avec l'érable de Norvège, qui bénéficie de cette association. Deuxième constat : certains microbes présents chez l'érable à sucre sont absents chez son concurrent, et vice-versa. Il reste maintenant à évaluer le rôle de ces micro-organismes pour chacune des espèces, afin de planifier des stratégies pour limiter l'invasion de l'érable de Norvège. Il serait possible, par exemple, de contrôler dans le sol la présence de microbes nuisibles à l'érable à sucre.