Des sièges de travail revus et améliorés



Conduire quotidiennement un autobus ou un camion de chantier peut être pernicieux : les vibrations générées par les véhicules de travail sont comme un lent poison qui affecte graduellement le système intestinal et la colonne vertébrale des conducteurs. C'est ce que révèlent les travaux de Subhash Rakheja, professeur au Département de génie mécanique, industriel et aérospatial de l'Université Concordia. L'exposition prolongée à ces vibrations est d'ailleurs reconnue comme une lésion professionnelle et est indemnisée au Québec et dans plusieurs pays européens.

Pour protéger les chauffeurs d'autobus, il a ainsi établi une norme visant à limiter l'étirement et la compression de la colonne à moins de cinq fois par seconde. 

Pour protéger les chauffeurs, les véhicules de travail sont équipés de sièges à suspension. Toutefois, ceux-ci sont loin d'être optimaux : rarement adaptés au type de véhicule, ils ne sont pas ajustés au poids et à la taille du conducteur.

Afin d'améliorer la conception de ces sièges, le professeur Rakheja, en collaboration avec l'Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail et la CNESST, a mis au point un simulateur de poste de conduite pour tester l'efficacité de la suspension et l'influence de divers ajustements – assise, dossier, appuie-tête – sur 58 conducteurs. Unique au Canada, cet outil est relié à un logiciel qui génère des secousses réelles ressenties par divers types de véhicules professionnels. Subhash Rakheja a utilisé des senseurs posés de part et d'autre de la colonne vertébrale pour mesurer le niveau de vibrations qui est transféré aux conducteurs et déterminer leur impact sur le corps. Pour protéger les chauffeurs d'autobus, il a ainsi établi une norme visant à limiter l'étirement et la compression de la colonne à moins de cinq fois par seconde en diminuant les vibrations transmises par le siège.

Le chercheur est actuellement en pourparlers avec divers fabricants de véhicules de travail du Québec, de l'Europe et des États-Unis qui désirent utiliser ses résultats pour améliorer la suspension de leurs sièges.