Une mouche pas trop menaçante pour les bleuetières



Bonne nouvelle ! La drosophile à ailes tachetées ne menacerait pas trop les bleuetières du Lac-Saint-Jean, car cet insecte infeste le bleuet tard en saison, après la récolte. C'est le constat qu'ont fait Conrad Cloutier, chercheur au Département de biologie de l'Université Laval, et sa collaboratrice Valérie Fournier, du Département de phytologie.

Bien que minuscule, cette mouche mondialement connue donne des sueurs froides aux producteurs de petits fruits.

Bien que minuscule, cette mouche mondialement connue donne des sueurs froides aux producteurs de petits fruits. Elle peut en effet détruire des cultures entières de framboises, de fraises et de cerises. Les mouches adultes pondent leurs œufs dans des fruits sur le point de mûrir, les larves s'y développent et les mangent.
 
Devant cette menace, l'Association des producteurs de bleuets a voulu connaître les risques pour les bleuetières. Ils ont collaboré avec l'équipe de Conrad Cloutier, qui a installé des pièges sur 10 sites au Lac-Saint-Jean. Au mois d'août, les scientifiques ont capturé jusqu'à 800 individus dans un endroit infesté en l'espace de trois à quatre jours. L'ennemie est donc répandue dans la région. Toutefois, elle n'est abondante dans les bleuetières que d'août à octobre, particulièrement en bordure des forêts, où elle se délecte des fruits sauvages.
 
Pour l'instant, les chercheurs ne savent pas où se trouve la drosophile le reste du temps. En laboratoire, ils ont noté que l'insecte ne tolère pas les températures plus froides que – 2 degrés Celsius. Conrad Cloutier pense que la mouche pourrait passer l'hiver en dormance sous la neige, dans les arbres morts et les litières des boisés ou dans des bâtiments. Il se pourrait aussi qu'elle passe l'hiver au sud.
 
Même si la drosophile ne semble pas menaçante, le chercheur recommande aux producteurs de se protéger en récoltant d'abord les fruits en bordure des bleuetières et en éliminant le quatre-temps, la plante sauvage de prédilection de l'insecte.