Un habitat en changement pour la martre et le pékan



L'aménagement du milieu forestier entraîne des modifications de l'habitat des animaux qui y vivent. Si certaines espèces en sortent gagnantes, d'autres peuvent en souffrir. Alors que les trappeurs du Québec capturaient de plus en plus de pékans, sa proche parente, la martre, se faisait plus rare dans leurs pièges. Pour expliquer ce phénomène, deux facteurs ont été identifiés par l'équipe de recherche de Louis Imbeau, professeur-chercheur à la Chaire en aménagement forestier durable de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue : l'aménagement forestier et les changements climatiques.

De telles recherches fournissent des informations qui permettent d'orienter les stratégies d'aménagement du milieu forestier en tenant compte des besoins et de l'habitat des espèces fauniques.

À partir des données de capture des animaux à fourrure et en consultant des trappeurs autochtones et non autochtones, il a été possible de déterminer que la présence grandissante du pékan dans les territoires nordiques a été avantagée par l'augmentation des forêts mixtes. En effet, l'aménagement forestier a favorisé la présence de feuillus, ce qui constitue des habitats de choix pour le pékan qui y élève ses jeunes. La formation de croûte à la surface de la neige faciliterait aussi ses déplacements. Bien que les conditions climatiques hivernales ne semblent pas avoir d'effet direct sur le pékan, il en va tout autrement pour la martre. De fait, les changements climatiques se révèlent nuisibles à la survie de cette espèce vulnérable à l'hypothermie. Les fortes précipitations de pluie au printemps, durant la saison où la martre élève ses petits, expliqueraient sa diminution dans les pièges des trappeurs.

Il reste maintenant à déterminer si l'interaction entre ces deux mustélidés s'avère un facteur aggravant alors que leur aire de répartition se chevauche de plus en plus. De telles recherches fournissent des informations qui permettent d'orienter les stratégies d'aménagement du milieu forestier en tenant compte des besoins et de l'habitat des espèces fauniques qui occupent le territoire. Le projet a été rendu possible grâce à l'aide financière octroyée par le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs et le Fonds de recherche du Québec - Nature et technologies.